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SAUVEZ VOS MENISQUES !

10 septembre 2010

Les ménisques répartissent et amortissent les contraintes sur votre genou. Autrefois, on les enlevait quand ils étaient abîmés mais l’articulation s’usait plus rapidement. Désormais, il arrive qu’on puisse les sauver ! Explications !

Avec la collaboration de Philippe PAILLARD, chirurgien du sport. www.paillard-dagher.fr

De part et d’autre du genou, l’extrémité supérieure du tibia est plate et la portion inférieure du fémur est ronde. Pour faire la jonction et favoriser l’emboitement de l’articulation, les ménisques sont indispensables. Ils ont une forme de «virages relevés». Ils  stabilisent le genou, comme le circuit automobile cale les bolides sur leurs trajectoires. Ils répartissent aussi le poids du corps sur l’ensemble de la surface du genou. Ainsi, ils évitent l’usure articulaire en limitant les frottements intempestifs et en réduisant les pressions sur le cartilage.

« Les ménisques amortissent et répartissent les contraintes. »

Ôter les ménisques favorise l’arthrose.

Dans les années 70, quand un ménisque se fissurait, il était d’usage de l’enlever complètement. Les sportifs étaient soulagés quelques années puis les douleurs réapparaissaient. En cause : l’usure du cartilage, cette substance nacrée qui recouvre les os au niveau des articulations. Les sportifs souffraient d’arthrose précoce ! C’est finalement à partir de 1980 que les chirurgiens constatèrent les dégâts provoqués par cette méthode radicale. Ils tentèrent d’améliorer leur technique …

Enlever un petit bout, c’est mieux !

En coupant seulement le segment lésé, le chirurgien préserve une bonne part du «patrimoine méniscal». Cette procédure méticuleuse est favorisée par l’avènement de l’arthroscopie : on peut désormais opérer les genoux en passant par 2 petits orifices : un pour le tube optique de la caméra, l’autre pour le matériel chirurgical. Après l’intervention, grâce à une rééducation progressive et bien conçue, la portion du ménisque restée en place se moule un peu, la surface articulaire est plus régulière qu’en présence de la lésion, le genou s’use moins et la douleur disparait. Les résultats à moyen terme sont bien meilleurs qu’après ablation totale.  Néanmoins, l’emboîtement reste imparfait, et l’arthrose menace encore au fil des ans !

Réparer, c’est l’idéal !

Là encore, l’amélioration du matériel a stimulé les initiatives chirurgicales. Les deux berges du ménisque sont rapprochées grâce à un système de suture comparable à la fermeture d’une plaie de la peau. Le ménisque est conservé dans sa totalité. Il peut amortir les impacts. Il conserve sa forme initiale, il parvient à répartir les pressions. Le cartilage est préservé !

« Les deux berges du ménisque sont suturées »

Réparer, ce n’est pas toujours possible !

La lésion doit pouvoir cicatriser. Il faut que la fissure soit bien franche ; on ne peut pas suturer un ménisque déchiqueté par l’usure. La zone abîmée doit bénéficier d’un apport sanguin suffisant.  C’est dans sa  périphérie que le ménisque reçoit le plus de vaisseaux …et ce secteur favorable se réduit avec l’âge !

LA LESION DOIT SE TROUVER EN ZONE VASCULARISEE, EN PERIPHERIE DU MENISQUE

Vous comprenez pourquoi le candidat idéal est un jeune sportif victime d’un traumatisme ayant provoqué une lésion nette au pourtour de son ménisque. Heureusement pour lui,  cette blessure aurait autrefois imposé l’ablation de tout le centre de son ménisque et il n’aurait pas atteint la maturité sans avoir sérieusement usé son genou !

Après suture, il faut patienter !

En cas d’ablation d’un petit fragment central, la vie quotidienne est normale après 7 à 10 jours, il faut attendre 6 à 8 semaines pour reprendre le sport. C’est le temps nécessaire pour apaiser les douleurs, reprendre du muscle et mouler le moignon méniscal. A l’issue d’une suture, vous ne posez pas le pied pendant 3 à 4 semaines et vous ne pouvez renouer avec l’entraînement qu’après 3 à 4 mois. C’est le délai indispensable à la cicatrisation de ce tissu atypique !

Ca ne marche pas toujours !

Les études montrent que la suture permet la cicatrisation complète du ménisque dans 70 à 80% des cas. En cas d’échec, elle lâche, le plus souvent, à la reprise du sport. Dans ces circonstances, il faut retourner au bloc opératoire afin d’enlever définitivement le fragment cassé, redevenu instable. Il est probable que les résultats  soient moins satisfaisants en cas de pratique à haut niveau, lorsque les contraintes mécaniques sont très élevées. En revanche, la suture est nettement plus fiable quand elle s’associe à la reconstruction du ligament croisé antérieur. Dans ce type de blessure, la lésion du ménisque est nette et la cicatrisation plus aisée. Le saignement plus abondant au cours de cette opération favoriserait la constitution d’une belle cicatrice. Enfin, la réduction des contraintes dans les mois qui suivent une telle intervention donnerait plus de temps au processus de réparation.

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