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PILOTE DE F1 : UN SUIVI MEDICAL POUR ATHLETE DE HAUT NIVEAU

13 septembre 2010

Un pilote de F1 reste assis dans sa voiture tout au long des grands prix. Pourtant les contraintes physiques qu’il subit lui imposent d’être un athlète de haut niveau. Le Docteur François DUFOREZ, médecin d’équipe de F1 de 1988 à 2004, nous transmet sa passion. Il nous décrit les sollicitations du pilotage, le suivi médical et la préparation physique des virtuoses du circuit.

Avec la participation du Docteur François DUFOREZ

Des muscles de bodybuilders

Avant d’aborder une épingle à cheveux, les bolides passent de 300 à 70 km/h en 100 mètres ! C’est l’équivalent de l’appontage d’un « mirage » sur un porte avion ! Le corps des pilotes est catapulté vers l’avant par une force équivalent à 4 fois son poids ! Elle est encaissée par les muscles des bras, du dos et du cou. Le sang est propulsé vers les jambes. Pour garder un peu d’oxygène dans le cerveau, il faut augmenter la pression dans le thorax et se mettre en apnée. Dans les virages, le pilote est longuement attiré vers l’extérieur de la courbe par une force de 3 à 5 fois son poids. Là encore, les muscles se contractent puissamment pour maintenir une posture indispensable à la réalisation d’un geste ultra-précis. La direction assistée est apparue depuis peu. Auparavant, il fallait mobiliser en prise direct de gros pneus mous, collés à la route par le freinage ! Un véritable exercice de bodybuilding !

Un cœur de marathonien !

Lors d’un grand prix d’une heure trente environ, la fréquence cardiaque moyenne est de 140 à 145 battements par minute. Elle peut monter à plus de 175 lorsque les difficultés s’accumulent : chaleur, combat entre les pilotes, circuit difficile type Magnycourt. Dans les virages, elle oscille entre 160 et 185. Dans les lignes droites, elle descend entre 120 et 130. A l’arrêt, sur la ligne de départ, quand les moteurs vrombissent, elle est de l’ordre de 130 140. Ces sollicitations cardiovasculaires en l’absence de travail musculaire contribuent à quantifier la composante de psychologique et émotionnelle de l’activité de pilotage. L’aptitude des pilotes à l’endurance est mesurée par leur consommation maximum d’oxygène ou VO2max. Elle est en moyenne de 54 millilitres par kg et par minute ce qui correspond à une performance de 3H45 sur marathon. Les plus jeunes sont moins bons. Souvent, ils n’ont que 48 ou 49. Surpris par l’intensité des sollicitations physiques dans les voitures, guidés par l’exemple des plus expérimentés, ils adhèrent rapidement aux programmes de préparation physique. Leurs VO2 max atteignent rapidement 60. Les résultats ne se font pas attendre : plus à l’aise au volant, ils gagnent en vigilance et améliorent leur technique de pilotage.

Un cerveau de polytechnicien passionné de jeux vidéo !

Le système nerveux d’un pilote doit percevoir et compiler instantanément une multitude de données issues du comportement de la voiture. Son cerveau doit les analyser scientifiquement et les restituer clairement aux ingénieurs. La maîtrise de la physique et de l’électronique lui sont indispensables. C’est ainsi qu’il contribue à l’amélioration des véhicules ou à la validation des modifications proposées. Le Docteur François DUFOREZ aime à dire que « les pilotes de F1 ne sont pas câblés comme tout le monde. A peine font-ils connaissance avec un jeu vidéo qu’ils obtiennent des scores inégalés par les pratiquants les plus expérimentés ».

Un bilan médical indispensable.

Chaque année, les pilotes bénéficient d’examens multiples pour faire le point sur leur santé et leur condition physique. La morphologie du cœur et son évolution est étudiée par une échographie cardiaque. L’activité électrique du cœur et la tension artérielle sont analysées jusqu’à fréquence cardiaque maximum grâce à une épreuve d’effort sur vélo. Une prise de sang recherche les excès et les carences. Les articulations sont surveillées. La force musculaire, notamment celle du cou est mesurée. L’ensemble de ces données contribue à orienter les programmes de préparation physiques. Pour plus d’efficacité, les points faibles seront travaillés en priorité.

Un bilan médical détaillé.

Un contrôle et des soins dentaires sont indispensables. Les vibrations font sauter les plombages instables. Une rage de dent, la veille d’un grand prix, à l’autre du bout du monde, tourne vite à la galère ! La vision est finement analysée : acuité, champ visuel, vision des couleurs, des reliefs et des distances. Ces deux derniers paramètres dépendent tout particulièrement de la coordination entre les deux yeux. Associée aux mouvements du cou, elle est particulièrement mise à contribution lors du pilotage. Pour affiner les perceptions, une rééducation spécifique peut être envisagée.

Une préparation physique intensive.

En cumulant les grands prix et les essais « constructeurs » ou « précompétitifs », un pilote de F1 ne conduit que cent jours par an. Sa préparation athlétique se révèle donc essentielle. Classiquement, elle est orientée par le bilan de condition physique réalisé par le médecin. Les pilotes, scientifiques de nature, aiment comprendre ces données et participer à l’interprétation des résultats. Ils s’en inspirent volontiers pour travailler leurs points faibles. Puisque ce programme est réalisé loin du team, il est préférable que le médecin entre aussi en contact avec le préparateur physique de chaque pilote. Le docteur François DUFOREZ participait de temps à autres aux entraînements d’Alain PROST. Il fallait compter 6 à 8 heures de sport par jour : Soixante dix kilomètres de vélo pour l’endurance, du tennis ou du golf pour affiner le sens des trajectoires, de la musculation pour la force et le gainage, du surf pour l’équilibre et du Tai Chi pour la posture, la concentration … et la récupération !

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Un staff médical à disposition.

L’équipe médicale d’une écurie de F1  se compose au moins d’un médecin et d’un kinésithérapeute. Souvent un ostéopathe, une diététicienne et un préparateur physique viennent la compléter.  En déplacement, il faut parvenir à concilier les habitudes de soins de chaque pilote. Le plus difficile relève des cultures nutritionnelles très différentes tout autour de la planète. Ainsi, les menus des petits déjeuners, déjeuners et collations sont concoctés par l’équipe médicale mais le dîner est libre pour retrouver ses repères gustatifs !

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