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SERGE GIRARD : 40 0000 KILOMETRES DE COURSE SANS BLESSURE

26 octobre 2010

A 56 ans, Serge GIRARD a parcouru les 5 continents en courant sans jamais se blesser ! Il nous parle santé, entraînement et nutrition. Profitons de son expérience !

Propos recueillis par Stéphane Cascua


Vous êtes reparti pour un nouveau défi ! Racontez-nous !

Cette fois, je parcoure l’Europe à petite foulée à raison de 70 kilomètres quotidiens pendant un an, sans un jour de repos, soit 25 000 kilomètres dans 25 pays ! Il s’agit de battre le précédent record qui était de 22 581 kilomètres en 365 jours.

Pas de jour d’arrêt ! Mais, avez-vous prévu des étapes plus « cool » pour récupérer un peu ?

En début de périple, en France, tout est programmé à l’avance pour optimiser les retombées médiatiques. En cas de fatigue, impossible de réduire le kilométrage quotidien. Mais tout se passe bien ! Une fois la frontière franchie, j’aurai plus de facilité à moduler mon effort. Mais attention ! Si je réduis la distance un jour, il faudra bien l’augmenter plus tard ! Je suis plutôt adepte de la régularité, c’est essentiel pour tenir ! En pratique, les étapes devraient osciller entre 50 et 100 kilomètres au maximum.

Vous bénéficiez d’une longue expérience. Quel est votre passé sportif ?

Gamin, je cherchais plutôt à être exempté de course à pied. J’étais passionné de foot. J’ai fait de la compétition à niveau modeste jusqu’à l’âge de 30 ans et un peu de tennis. Puis, un copain m’a proposé de faire  les 20 kilomètres de Paris ! Pour moi, à l’époque c’était un vrai challenge ! Je termine, heureux, en 1H45 et je découvre un adversaire à ma portée : Serge GIRARD, lui-même !  A chacune de mes sorties, je pouvais gagner la partie, aller plus loin que la veille ! Malheureusement, à la moindre victoire, tout était à refaire ! Mon rival avait progressé et j’étais condamné à augmenter les distances !  Du coup, depuis 12 ans, j’ai traversé les 5 continents en courant : TRANS-USA, TRANS-AUSTRALIE, TRANS-AMERIQUE DU SUD, TRANS-AFRIQUE, TRANS-EURASIE soit 40 979 kilomètres en 553 jours exactement.

Quels ont été vos pépins de santé au cours de ces aventures ?

Aucun ! Aucune blessure ! Pas une tendinite ! Pas une périostite ! Pas une fracture de fatigue ! J’ai les os très solides ! Mon dentiste me l’a dit, il a été impressionné par la densité de ma mâchoire lors de la mise en place de mes implants. Même en dehors de ces défis, je n’ai pas eu de souci. Juste, à mes débuts, un syndrome de loge lors d’une course de 6 jours ! C’est une douleur sur le côté de la jambe, au dessus de la cheville, liée au gonflement du muscle qui reste comprimé par sa membrane. Un kiné peu expérimenté m’a entouré le mollet d’un strapping … et les choses se sont aggravées, j’ai du être opéré ! Le chirurgien a ouvert le sac musculaire, la pression a diminué, le sang a circulé de nouveau et j’ai pu reprendre la course quelques semaines plus tard. Depuis plus rien !

Quel est votre secret pour éviter les blessures ?

La régularité ! Je ne m’arrête jamais ! Mon corps ne se désentraîne pas ! Tous ces kilomètres quotidiens, pour lui, c’est normal !  En préparant la TRANS EURASIE,  j’ai voulu aller au bout du concept. J’ai couru 1200 jours d’affilé sans fatigue ni blessure ! J’ai du m’arrêter quelques jours avant le départ, pour coller à la théorie qui veut qu’on se repose avant les grosses épreuves.

POUR EVITER LES BLESSURES, JE NE M’ARRETE JAMAIS, JE COURE TOUS LES JOURS !

Comment affinez-vous votre préparation à l’approche de vos défis ?

Avec progressivité ! C’est une autre règle d’or pour éviter les blessures ! Lorsque j’augmente la distance, c’est toujours petit à petit. C’est facile, j’habite en Normandie, je coure sur une petite route de campagne et mon parcours est toujours identique, sous forme d’aller retour. Alors, je dose aisément, je vais un peu plus loin et je reviens ! Je coure 20 à 60 kilomètres par jour et j’atteins peu à peu 300 à 400 kilomètres par semaine. Je connais la route par cœur : chaque ferme à colombages, chaque bosquet et même chaque irrégularité du macadam ! Cette concentration, cette répétition, c’est essentiel pour le mental ! Selon moi, la force psychique représente 80% de la réussite sur chacun de mes défis. Alors, je travaille particulièrement ce paramètre.

Entre chaque entraînement, pour optimiser votre récupération, comment faites-vous ?

Déjà, j’ai arrêté de travaillé ! J’étais un financier au sein d’une compagnie d’assurance. Dans mon entreprise, je suis passé progressivement du statut de « salarié » au statut de « sponsorisé » : une belle aventure humaine, pleine de compréhension et de complicité. Désormais, avec l’UNION FINANCIERE DE FRANCE et le CENTRE DES JEUNES DIRIGEANTS, je continue à véhiculer cette image de grands projets réussis sans encombre ! Alors au quotidien, grâce à mes partenaires, je gère ma récupération. Je dors beaucoup, au moins 10 heures par nuit. Je me suis mis à la sieste, dans sa version courte, les fameuses 20 minutes de sommeil léger. J’émerge sans soucis,  en grande forme !

Faites vous beaucoup d’étirements ?

Je ne fais aucun étirement ! Mon épouse kinésithérapeute et quelques études récentes sur le sujet semblent me donner raison. Du coup, je manque vraiment de souplesse. Mais il paraît que cette raideur permet d’emmagasiner plus aisément l’énergie élastique de chaque foulée. Je le sens bien ! Je gagne en rendement ! Et surtout, en me passant de stretching, j’évite d’ajouter des contraintes à mes muscles et mes tendons déjà pas mal sollicités sur les routes sillonnant les bocages.

JE NE FAIS JAMAIS D’ETIREMENT POUR LIMITER LES CONTRAINTES SUR MES TENDONS

Vous courez toujours sur bitume ?

Oui, mon corps est habitué et j’ai de bonnes chaussures MIZUNO. De plus, ma foulée est rasante, aux alentours de 9 km/h. Mon corps a spontanément trouvé le geste le plus rentable et le moins traumatisant, sans aucun travail technique de ma foulée. Et bien évidemment, je n’accélère pas ! Depuis que je me suis lancé mes grands défis, il y a 12 ans,  je ne fais plus de fractionné. C’est trop risqué pour mes articulations et inutile pour mon cœur. Au cours de mes aventures ma fréquence cardiaque tourne aux alentours de 105 battements par minute, comme un randonneur ! Pour moi comme pour les passionnés de grandes balades à pied, se mettre dans le rouge n’aurait vraiment aucun intérêt !

Vous avez réalisé un bilan médical avec épreuve d’effort, Quel est votre niveau ?

Je n’ai pas fait d’épreuve d’effort … depuis 2000, je crois ! Pour m’assurer de la bonne santé de mon cœur, je devrais vraiment y penser ! A l’époque, j’atteignais ma fréquence cardiaque maximum à 19 km/h et je tournais aux 20 kilomètres de Paris en 1H14. Voilà ma génétique : j’ai un bon potentiel mais rien d’exceptionnel ! Je suis naturellement mince. En période d’entraînement, je pèse  62,5 kg  pour 1 mètre 76. Mon taux de masse grasse est de 5 à 6 pourcents. A l’occasion de mes périples, je perds 10 à 12 kilos pendant les deux premiers mois puis je me stabilise.

Vous maigrissez beaucoup ! Comment gérez-vous votre alimentation pendant vos challenges ?

Le plaisir reste le maître mot ! C’est essentiel quand on doit ingurgiter 7000 à 8000 kilocalories par jour. Bien sûr, j’ai acquis des connaissances au fil de mes lectures. J’ai également accumulé de l’expérience lors de ma pratique. Je sais que, rapidement, au cours de l’effort, je ne supporte plus le sucré.  En courant, je mange, toutes les 20 à 30 minutes, 3 à 4 cuillères à soupe de féculents avec quelques dés de jambon ou morceaux de poulet, le genre taboulé, salade de riz ou de pâtes. En me guidant vers ces choix gustatifs, mon corps exprime ses vrais besoins. Ces aliments m’apportent le sel indispensable à ces exercices de très longue durée où l’on transpire énormément. Ce sont des «sucres lents». La diffusion progressive mais prolongée de l’énergie est plus adaptée à mes efforts peu intenses de 7 à 8 heures. Enfin, les protéines animales contribuent tant bien que mal à réduire la casse musculaire provoquée par chaque réception de foulée.  En courant, je bois de l’eau très souvent et par petites quantités. Tous les jours, j’en avale environ 10 litres. Occasionnellement sur le parcours, quand je ressens le besoin de sucré, je la mélange avec un peu de coca débullé.

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