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STEPHANE DIAGANA, HAIE D’HONNEUR POUR LE SPORT SANTE

8 novembre 2010

Premier athlète français à devenir champion du monde d’athlétisme en sur 400 mètre haies, Stéphane Diagana est un sportif respecté, fervent défenseur du Sport Santé. Rencontre avec un « retraité » depuis 2004, toujours aussi passionné.

Propos recueillis par Nathalie Pradeau


Quand on cherche des infos vous concernant, on tombe toujours sur les mêmes qualificatifs : un des sportifs les plus respectés, une référence dans le monde du sport … C’est du bien sûr à vos titres mais pas seulement. Comment l’expliquez-vous ?

Ça fait plaisir ! C’est vrai, mon palmarès est intéressant mais pas exceptionnel dans le sport français. Je crois qu’au delà de ça, et c’est ce dont je suis le plus fier, j’ai réussi à faire partager des valeurs qui m’étaient chères. Je me souviens que certains disaient : « il ne gagnera pas parce qu’il est trop gentil, il n’a pas assez la hargne », et moi ça, ce n’est pas mon moteur. J’étais content de montrer au contraire qu’on pouvait réussir comme ça, sans être un « tueur » comme on dit, juste en étant exigeant, en étant patient et passionné.

Dans ce palmarès hélas il manque un titre olympique car des blessures vous en ont privés à plusieurs reprises ?

Oui j’ai connu différents problèmes de santé pendant ma carrière dont deux fractures de fatigue au niveau de l’os naviculaire qu’on appelait avant scaphoïde. J’ai d’ailleurs été opéré. J’ai eu beaucoup de blessures musculaires au niveau des ischio-jambiers, des mollets, des quadriceps, j’ai eu aussi une pubalgie. Mais pas de problème au niveau des ménisques, des croisés, des disques vertébraux et en fait c’est ça qui me permet aujourd’hui de pouvoir continuer à pratiquer le sport.

Alors justement, quels sports pratiquez-vous depuis que vous avez raccroché les pointes ? Parce que vous n’avez pas du tout changé, vous êtes toujours le même.

Oui et j’ai même perdu un peu de poids parce que maintenant je pratique plus des sports d’endurance qui font sécher au niveau musculaire ! Le vélo, la course à pied qui est assez pratique parce que je voyage beaucoup donc je peux courir partout, le tennis… En fait, il faut qu’il y ait une dimension physique importante pour que je me fasse plaisir dans un sport et avec toutes mes activités j’essaye au moins de pratiquer tous les deux jours.

Nombreuses activités en effet, vous êtes consultant télé, parrain de différentes manifestations, animateur de conférences en entreprise sur le thème de la performance et vous êtes en train aussi de monter un gros projet du côté de Nice ?

Je travaille sur un projet d’infrastructure sportive avec un double objectif : répondre au besoin du sport de haut niveau (athlétisme, natation, cyclisme) et répondre au besoin des médecins souvent confrontés au manque de lieu de pratique et de compétences médico-sportives pour une pratique Sport Santé. On peut imaginer que sur une piste il y aurait des sportifs de haut niveau préparant les jeux olympiques et sur la piste à côté des gens qui viennent pour faire de la prévention cardiovasculaire. En France, il y a toujours une séparation entre les deux pratiques mais à l’étranger non. J’ai visité un centre en Afrique du Sud, fondé par un rugbyman et un médecin, où l’on peut y voir des gens qui sont dans un programme de lutte contre l’obésité à côté de rugbymen qui viennent faire des tests pour entrer dans des clubs professionnels.

C’est pour quand ?

Nous avons identifié les lieux d’implantation, il nous reste à valider un modèle économique et si tout se passe bien on peut imaginer une ouverture fin 2012, début 2013.

Le sport santé est quelque chose qui vous tient beaucoup à cœur ?

Vous savez, le rapport Toussaint a expliqué qu’il y a 200 ans on avait 8 heures, 8h30 d’activité physique par jour. Aujourd’hui il n’y a plus qu’1h30. En 200 ans l’humanité n’a quand même pas évolué tant que ça, on est à peu près les mêmes. C’est important d’avoir une activité physique car on s’est construit autour du mouvement. Par exemple, le retour veineux se fait parce qu’on a une sorte de « petit réservoir » » dans le pied qui quand on le comprime facilite ce retour et si vous ne marchez pas et bien ça ne marche pas ! C’est bien l’exemple que nous avons été « Design-é » en quelque sorte autour du mouvement. C’est quand il n’y a plus de mouvement qu’apparaissent les disfonctionnements, on le voit bien aujourd’hui avec les problèmes de santé liés à la sédentarité.

Vous rencontrez souvent des jeunes qui rêvent d’être un champion comme vous. Que leur dites-vous ?

Je leur fais comprendre qu’il n’y a pas de parcours unique pour être champion. Ce n’est pas parce qu’on est excellent dans les catégories jeunes qu’on le sera après et inversement. J’essaie de les guider sur le chemin de la passion, leur dire de prendre du plaisir au quotidien, que ce sera leur meilleure arme pour passer des heures et des heures à l’entraînement. D’oublier aussi la notion de sacrifice. Dans le sacrifice on ne va pas loin, je préfère leur parler de choix.

Vous savez, je n’étais pas celui qu’on allait pointer du doigt à 15 ans en disant : «  lui ce sera un champion ». Le sport m’a permis d’apprendre sur moi-même et m’a donné une grande confiance dans le travail, quand il est fait en quantité et de manière qualitative. J’ai toujours essayé de regarder sur le long terme, d’écouter les gens compétents et d’écouter mon corps.

Quand on a l’expertise, la patience, la passion, on peut faire de grandes choses.

Vous êtes consultant pour la télévision, qu’est-ce que vous ressentez quand des athlètes prennent le départ d’un 400 mètres haies ?

Ce ne me fait plus grand chose maintenant, j’ai pris de la distance, je crois que le fait d’analyser, de regarder pour la télé vous sort un peu du côté émotionnel et puis je sais aussi à quel point c’est difficile ! Je sais la pression, le challenge physique que ça représente et parfois je ne les envie pas. (Rires).
Par contre quand je passe sur le terrain d’une grande compétition, que je ne suis pas commentateur et que je passe juste à côté du départ, là oui, il m’arrive de ressentir un petit quelque chose !

Si vous aviez un message pour nos lecteurs ?

Ce serait de continuer pour ceux qui font déjà du sport et pour ceux qui viennent de commencer, d’être patients, d’accepter un petit investissement au départ. C’est vrai, c’est dur de se dire : « Il fait froid je vais nager, il pleut je vais prendre mon vélo… ». Mais au fur et à mesure tout se réinstalle. On peut réapprendre très vite. Au début cela semble une corvée et puis ensuite certains disent que s’ils n’y allaient pas, c’est comme si ils n’allaient pas boire !

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