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LE COUP DE CHALEUR FAIT FROID DANS LE DOS !

25 novembre 2010

Triathlon d’Hawaï, Paula Newby-Fraser est en tête. Mais sa foulée devient chaotique. Elle percute un policier et s’effondre. Elle se relève et repart… en sens inverse ! Son ami se précipite et appelle une ambulance : il a reconnu le coup de chaleur !

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport

Lors d’un exercice physique l’énergie chimique des aliments se transforme en travail mécanique mais aussi en chaleur. Le rendement de la machine humaine peut apparaître médiocre. Seulement 25% des calories consommées parviennent à faire bouger votre corps pendant l’effort. Les trois quarts restants se contentent de faire chauffer l’organisme. Ils sont perdus dans les réactions chimiques ou bien ils sont dilapidés dans les frottements entre les muscles.

Réflexe suicidaire !

En début d’activité, une légère augmentation de la température musculaire optimise le fonctionnement du sportif. Mais rapidement, lorsqu’elle continue à s’élever les réactions chimiques sont perturbées, le muscle s’abîme … parfois même le sportif décède : c’est le « coup de chaleur » ou « hyperthermie maligne d’effort ». Lorsque la déshydratation devient majeure, le volume sanguin diminue. Les organes nobles : le cerveau, le cœur, ne reçoivent plus suffisamment de sang. Mais le corps se donne une dernière chance…il cherche à les sauver, il tente d’y augmenter la circulation. Pour cela il ferme tous les vaisseaux menant à des zones moins essentielles…comme la peau. Réflexe suicidaire! Le sportif rouge et ruisselant devient blême et souvent il cesse de transpirer! Abandonnant tous ses mécanismes de régulation thermique, sa température corporelle s’élève irrémédiablement… Le fonctionnement des cellules est alors gravement perturbé!  Le cerveau s’affole et engendre des troubles du comportement. Le muscle voit ses membranes céder, il abandonne alors dans la circulation ses particules de  » myoglobine » qui s’engloutissent dans le rein pour l’obstruer. Le cœur lui-même risque la « crampe » fatale ! Le coup de chaleur, impose une réanimation urgente ! Il provoque le décès du sportif dans 60% des cas.

Détails essentiels !

En prévision d’une épreuve longue et baignée de soleil, entraînez-vous progressivement et périodiquement à la chaleur. Buvez pendant l’exercice, habituez votre tube digestif à travailler pour vous réhydrater. Le jour de la compétition, portez des vêtements clairs, en matériaux «transpirants», moulants et élastiques. L’eau imprégnant le tissu est en contact direct avec votre peau. Elle ne ruisselle pas, elle s’évapore en utilisant et en éliminant la chaleur de votre corps. Mettez une casquette blanche, elle évite l’action des rayons solaires sur votre crinière brune. Imprégnée d’eau, elle constitue un réservoir de fraîcheur. Aspergez-vous ! L’eau glacée glissant sur votre peau brûlante vous refroidit directement. Évaporée, elle est aussi efficace que la sueur: vous économisez l’eau de votre corps !

BUVEZ 3 A 4 GORGEES DE BOISSON DE L’EFFORT TOUTES LES 15 A 30 MINUTES

Si votre tube digestif vous le permet, essayez de remplacer la quantité de sueur perdue. Quand la température est élevée, elle atteint en moyenne 1,5 litre par heure d’activité. Ces bons conseils, indispensable à votre santé, favorisent aussi votre performance ! Ouf, vous avez eu chaud ! Vous avez évité le « coup de chaleur ».

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LE RISQUE AUGMENTE …

Toutes les circonstances provoquant l’accumulation de chaleur et gênant son élimination rendent plus probable cet accident gravissime.

Un effort prolongé. Les disciplines d’endurance sont plus dangereuses. La chaleur s’accumule tout au long de l’effort alors que le corps continue à se déshydrater.

La température élevée. Les rayons solaires vous apportent toute leur énergie. La chaleur extérieure vous empêche d’éliminer celle que vous produisez.

L’humidité importante. Votre sueur vous refroidit en utilisant la chaleur de votre corps pour s’évaporer. Une hygrométrie élevée limite considérablement ce processus. Votre sueur ruisselle et ne peut pas refroidir votre organisme. L’eau de votre corps est gaspillée!

Les vêtements inadaptés. Les couleurs sombres attirent les rayons solaires. Sous le tee-shirt de coton s’accumule la vapeur d’eau. Artificiellement, vous courez à 100% d’humidité.

L’absence de vent. Le passage de l’air vous rafraîchit. A vélo, le risque est faible. Le danger se rapproche en courant.

La déshydratation. Moins vous buvez, plus vous risquez le réflexe suicidaire d’interruption de la circulation cutanée !

Les séquelles d’infection. Les germes et les virus responsables de fièvre perturbent le fonctionnement de la régulation de votre température corporelle. Prévention de la «mort subite » et du « coup de chaleur » : deux  bonnes raisons pour proscrire les efforts intenses en période d’infection et de convalescence.

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NE BUVEZ PAS D’EAU …

… Mais une boisson d’effort plus diluée qu’à l’accoutumée et en copieuse quantité. Le sucre et les minéraux contenus favorisent l’absorption de l’eau et le travail musculaire. Le sel, à raison de 0,5 gramme par litre, remplace dans le sang celui perdu dans la sueur. Il retient l’eau dans les vaisseaux. Ainsi, vous conservez un volume sanguin suffisant. Une bonne proportion de votre sang chaud parvient à gagner la peau pour se rafraichir au contact de l’air. Vos glandes sudorales reçoivent suffisamment de sang pour sécréter de la sueur.  Buvez le plus souvent possible par petite quantité. Il est d’usage de conseiller 3 à 4 gorgées toutes les 15 à 30 minutes.

 

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