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QUELLE CONTRACEPTION POUR LA SPORTIVE ?

25 novembre 2010

« La meilleure contraception, c’est celle qui vous convient ! » dit l’adage. Alors, quelles sont vos exigences de pratiquante assidue ? Quelles sont les méthodes les plus adaptées ?

Par le Docteur Carole MAITRE, gynécologue du sport.

La consultation gynécologique initiale constitue une étape clé. Elle permet le recueil de vos antécédents qui contre-indiqueraient la pilule. Il faut notamment impérativement évoquer l’existence de phlébites (caillots de sang dans les veines) survenues dans le cadre de troubles de la coagulation génétiques. Un excès de cholestérol chez les ascendants imposerait un dosage par prise de sang avant toute prescription. L’examen général mesure votre tension artérielle, votre poids et plus précisément votre masse grasse puisque vous êtes sportive et musclée. En l’absence de problème particulier, l’examen gynécologique n’est pas systématique lors de la première consultation. Cette visite est aussi l’occasion de faire le point sur vos motivations, vos craintes et vos demandes spécifiques liées au sport.

Quelles spécificités pour une «contraception sportive» ?

Pour rester performante, vous souhaitez éviter toute prise de poids ! Possible … mais pas facile : les aléas de la balance restent la première cause d’abandon de la pilule. Vous voulez limiter les ballonnements, les gonflements, les douleurs abdominales survenant autour des règles qui perturbent votre entraînement. La pilule réduit nettement ce que l’on appelle le «syndrome prémenstruel». De la même façon elle permet de régulariser les cycles en cas de rythme anarchique, de règles abondantes et prolongées. Voilà qui évite bien des déboires et diminue le risque d’anémie. En effet, le manque de globules rouges perturbe le transport de l’oxygène vers les muscles et altère nettement la performance en endurance. Si vos règles tombent le jour d’une compétition importante, vous aimeriez les décaler. C’est envisageable. Vous êtes pratiquante de haut-niveau, vous traversez les fuseaux horaires pour en découdre à l’autre bout du monde. Certaines méthodes et astuces permettent de vous jouer du décalage horaire sans perturber l’efficacité de votre contraception. Enfin, votre pratique est intensive, vous êtes toute mince et vos règles sont très espacées, minimes ou absentes. La pilule associée à une alimentation suffisante est un atout pour votre santé !

La pilule : de nombreux avantages pour les sportives !

La pilule permet de réduire les symptômes gênants qui précèdent vos règles. Vous pouvez continuer votre entraînement. Les cycles deviennent réguliers et prévisibles, vous pouvez vous organiser. Les saignements sont moins abondants et durent moins longtemps. Vos contraintes logistiques diminuent et vous perdez moins de sang. Vous limitez le risque d’anémie, vous conservez votre endurance. Elle peut contribuer, si besoin, au traitement de l’acné et de l’hyperpilosité. La prise de poids est exceptionnelle avec les pilules les plus récentes car leur dosage hormonal est très faible. Les études montrent que la force musculaire est conservée. La probabilité d’entorse est augmentée peu de temps avant l’ovulation et ; il est possible mais pas encore démontré que la pilule diminue ce risque.

La pilule pour décaler les règles.

Une compétition, juste pendant les règles, c’est un vrai souci ! Grâce à la pilule et avec l’aide de votre gynécologue, vous pouvez les décaler. Cette pratique occasionnelle n’a aucune incidence sur la santé. Cependant la conduite pratique est différente selon la nature de votre pilule. Si votre pilule est «biphasique» ou «triphasique», la quantité d’hormone dans chaque comprimé change deux ou trois fois au cours de votre traitement mensuel, un peu comme l’évolution de la sécrétion naturelle. Dans ces conditions vous pouvez décalez les règles de 8 à 10 jours en continuant avec des pilules de fin de plaquette (même couleur = même dosage).

AVEC LES PILULES A «DOSAGE CONSTANT», IL EST PLUS FACILE DE DÉCALER LES RÈGLES EN VUE D’UNE COMPÉTITION.

Si votre pilule est «monophasique», elle contient toujours la même quantité d’hormone. Les comprimés sont de la même couleur. Il est possible de ne pas faire de pause et de commencer la plaquette suivante d’emblée. Ainsi, vous pouvez déplacer vos règles de quelques jours à 3 semaines. Attention, les règles qui suivent sont parfois minimes ou absentes. Cette pratique ne doit pas être enchaînée plus de 3 fois de suite sous peine de voir survenir des saignements anarchiques appelés « spotting ». En fin de cycle, certaines marques proposent de faire une pause, d’autres de terminer avec des comprimés fictifs, sans hormones. Ne les prenez pas si vous enchaînez les plaquettes.

La pilule … surtout si vous n’avez plus de règles !

Chez 10 à 20% des sportives, la dépense énergétique est plus importante que l’apport calorique. Dans ce contexte de «disette», l’organisme évite toute grossesse. Un peu comme lors des grandes migrations préhistoriques, le corps bloque l’ovulation et les sécrétions hormonales. Les règles sont très espacées, minimes ou absentes. Si telle est votre cas, la situation peut vous paraître pratique … Pourtant, vous êtes en «ménopause précoce» avec tous les méfaits connus, notamment l’altération de votre solidité osseuse.  Vous risquez une fracture de fatigue … voir de vous briser les os à l’occasion d’un traumatisme minime. Les études montrent qu’une pilule suffisamment dosée permet de préserver votre os. Une petite prise de poids associée à une alimentation suffisante et équilibrée complètent utilement ce traitement.

La pilule pendant vos voyages sportifs

En cas de vols transméridiens,  quelques précautions sont nécessaires pour conserver l’efficacité de votre contraception. Si vous allez vers l’Est, l’heure de votre arrivée est plus tardive que celle correspondant à votre pays de départ. Puisque vous pouvez prendre votre pilule suivante à moins de 24 heures de la précédente, anticipez la première prise de votre séjour, restez à l’horaire habituel. En vous rendant vers l’ouest, vous atterrissez plus tôt que ne l’indique votre montre. Plusieurs solutions sont envisageables. Si c’est possible, surtout si le séjour n’est pas trop long, gardez une périodicité de 24 heures en tenant compte du décalage horaire. Prenez votre pilule à l’heure locale identique  à celle de votre pays de départ, si l’intervalle entre les 2 prises de dépasse pas 36 heures.

Sportive : le stérilet n’est pas idéal.

Le stérilet mécanique, en cuivre, situé dans l’utérus crée un œdème sur les parois qui empêche la nidation de l’œuf fécondé. Il en résulte une irritation de la muqueuse qui majore les saignements. Les règles sont  plus abondantes et plus prolongées. Vous perdez plus de fer, vous risquez une diminution de votre taux de globules rouges et une altération de vos performances en endurance. Vos cycles naturels sont préservés ; s’ils sont irréguliers, vous ne bénéficiez pas de la régularisation hormonale propre à la pilule. Un syndrome prémenstruel et des douleurs abdominales peuvent persister. Votre entraînement risque d’être perturbé ! Seul les stérilets diffusant une hormone, la progestérone, parviennent à réduire ou à faire disparaître les règles. Ce mode de contraception peut aussi limiter les symptômes désagréables et les douleurs avant et pendant les règles

Quelques méthodes originales à l’épreuve du sport.

Il existe des patchs à changer chaque semaine. Ils diffusent à travers la peau, en continue, des hormones féminines. C’est l’équivalent d’une pilule monophasique que vous pouvez enchaîner sans pause. Dans ces conditions, vous n’avez plus de règle mais quelques saignements imprévisibles dans 7% des cas. Ces patchs tolèrent bien l’eau des piscines mais moins les frottements des tenues moulantes comme les combinaisons de triathlon. Pas de risque d’oubli, pas de problème avec les décalages horaires. On trouve aussi des anneaux vaginaux et des implants cutanés qui dispersent des hormones. Les premiers sont mis en place pour un cycle et permettent aussi de décaler les règles. L’implant cutané est actif pendant 3 ans au cours desquels les saignements ne sont pas très réguliers. Il doit se situer dans une zone peu traumatisée par la pratique sportive. Il faut l’insérer superficiellement afin qu’il ne migre pas dans les muscles.

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LA PILULE, COMMENT ÇA MARCHE ?

La «pilule» traditionnelle contient des hormones féminines, de la progestérone et des œstrogènes. Le système nerveux enregistre leur présence dans le sang  en quantité suffisante. En réaction, il bloque le fonctionnement des ovaires : sécrétions  hormonales et ovulation. On parle d’un mécanisme de « rétrocontrôle ». Ces substances modifient le revêtement interne de l’utérus. Il ne permet plus la fixation de l’œuf. La substance visqueuse située à l’entrée du col utérin, la glaire,  devient imperméable aux spermatozoïdes.

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2 commentaires leave one →
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