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LE TRIATHLON DE GERARDMER : ILLUSTRATION DU SYNDROME DE LOGE

22 décembre 2010

Ce superbe parcours au cœur des Vosges consacre mes bonnes résolutions. L’enthousiasme de ce challenge m’a poussé à négliger les conseils de base …Inévitablement, je me blesse … Heureusement, la rédaction avait la solution !

Par Muriel Sultan, rédactrice en chef sportive

Avec la participation de Stéphane CASCUA, médecin du sport

Il y a une bonne année, au moment où je créais SANTESPORTMAG, j’ai repris le sport. Le plaisir de l’exercice me manquait et je me devais d’être cohérente ! C’était aussi l’occasion de tourner la page et de cumuler les défis ! Je me suis inscrite dans une salle de sport voisine du bureau. Je vais à la piscine, je fais des cours collectifs et du cardiotraining 2 à 3 fois par semaine … mais très peu de footing. Je me sens prête pour mes 500 mètres de natation et mes 20 kilomètres de vélo mais je redoute les 5 kilomètres de course à pied.

Les vacances, c’est idéal pour le sport et les blessures !

Fin juillet, l’Italie m’accueille pour quelques jours de repos bien mérité. J’abandonne mon club de fitness, j’opte pour les chemins pentus de Toscane. Mon triathlon en point de mire, je décide de courir tous les jours. Au fil des sorties mes jambes se font plus lourdes. Les douleurs finissent par m’empêcher de courir ! N’y tenant plus, j’appelle le docteur CASCUA.

« Stéphane, j’ai mal sur le côté des tibias, plus je cours plus j’ai mal ! Il y a même deux petites boules qui sont sorties sur le côté, au-dessus de la cheville »

« Muriel, vous faites un syndrome de loge ! A cause de vos joggings soudainement  trop rapprochés et trop escarpés, vos muscles qui relèvent les pointes de pied ont grossi trop rapidement.

« Vos muscles qui relèvent les pointes de pied ont grossi trop rapidement. La membrane fibreuse qui les entoure n’a pas eu le temps de se distendre. »

La membrane fibreuse qui les entoure n’a pas eu le temps de se distendre. La pression a augmenté dans la loge musculaire et le sang à des difficultés à y pénétrer. A l’effort, les muscles souffrent et se gonflent d’œdème, la pression s’accroît encore et le cercle vicieux est enclenché ! Les petites boules que vous voyez sur le côté sont des hernies musculaires. Par endroit la membrane fibreuse s’est fissurée et le muscle sous pression tente de s’y glisser ! »

Adapter l’entraînement pour éviter l’opération.

Pour terminer mon triathlon dans un mois, Stéphane me donne de précieux conseils. Il me faut arrêter les footings et les remplacer par de l’elliptique. Avec cet appareil, le geste est proche de celui de la course mais les chaussures restent posées sur les pédales et les muscles relevant les pieds ne travaillent plus et perdent du volume. Je garde la forme sans trop me désadapter du geste spécifique. L’avant-veille de l’épreuve, je teste un petit footing de 20 minutes. Surprise : je sais encore courir ! Et je n’ai plus de douleur ! Sans angoisse, je peux profiter de ma compétition : gros coup de stress lors de l’empoignade au début de la natation, étrange sensation d’étouffement dans cette combinaison de néoprène que je découvre, brûlures de cuisses dans les côtes à vélo, grosse fatigue en course à pied … Bref que du plaisir ! Ah j’oubliais : toujours pas de douleur en avant des tibias ! Heureusement le superbe « Hôtel Beau Rivage » me propose son spa pour me revigorer et la marque N.A ! ses fruits pour récupérer ! Depuis ma chambre cosy, je contemple le lac et la montagne. L’eau a retrouvé son calme … comme moi ! Dans les sapins, Je devine la petite route pentue et sinueuse où j’ai transpiré ! Ma sueur déversée sur le macadam a dû s’évaporer … et ma souffrance est oubliée. Il me reste la sérénité et la fierté ! J’ai déjà envie de recommencer ! Mais, promis, je cours plus régulièrement. J’alterne avec fitness, cardiotraining, vélo et piscine ! Grâce à un programme varié, je reviendrai au triathlon de GERARDMER en grande forme et sans blessure !

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L’OPERATION : OUVRIR POUR RESPIRER

Pour venir à bout d’un syndrome de loge,  il faut impérativement adapter l’entraînement et réduire les séances de course. Plusieurs « petits moyens » peuvent s’ajouter. Votre kinésithérapeute peut masser et assouplir les  membranes, puis drainer vos muscles.

En cas d’échec, la chirurgie s’impose. A l’aide d’une fibre optique glissée sous la peau, le chirurgien contrôle le mouvement d’une fine lame, il ouvre l’épaisse membrane musculaire. Le muscle prend alors toute la place nécessaire pour respirer. Les suites sont simples : un peu de repos … pas trop ! Il faut éviter que le sac fibreux ne cicatrise à nouveau en position rétractée. Vélo dès 7 à 10 jours, trottinement à 3 semaines, course à 6 semaines … Désormais sans souffrance !

Attention, si des douleurs  insupportables  persistent au repos, il s’agit d’un « syndrome de loge aigu ». C’est une urgence chirurgicale !  Pour éviter la putréfaction des muscles, l’opération doit être réalisée dans les 6 heures. Il faut réaliser une grande ouverture sur toute la hauteur de la jambe. Soudain, le muscle s’étale comme à travers une grosse hernie, la pression diminue et il reçoit à nouveau du sang chargé d’oxygène ! La jambe est sauvée !

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Crédit photo : Thierry Sourbier Onlinetri.com

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