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MARATHON : PAS SI BON !

16 mai 2011

Une étude menée par le docteur Möhlenkamp a montré que les marathoniens séniors avaient plus de risque d’accident cardiaque que les sédentaires du même âge !

Par le docteur UZAN, cardiologue du sport.

Le bénéfice de l’activité physique modérée sur la santé n’est plus à démontrer, en particulier pour le système cardio-vasculaire. Mais qu’en est-il pour des sports plus intenses, comme le marathon ? Comment le cœur d’un athlète réagit il à une course de plus de 4 heures pendant laquelle il bat à plus de 160-170 pulsations par minute ? Cette question fondamentale se pose de façon aiguë à l’époque où toutes les grandes villes du monde proposent cette distance mythique à des milliers de participants …  souvent quadragénaires et plus ou moins bien entraînés. Jusqu’alors, il était reconnu que les courses de très longue durée ou extrêmes apportaient peu de bénéfices pour la santé. Il est désormais important d’intégrer qu’elles sont parfois nuisibles … !

Les cœurs de marathonien sont fatigués

Différentes études ont déjà montré qu’après un marathon des sportifs «sains»  présentaient des petits dommages cardiaques. Des substances contenues dans les cellules du cœur passent dans le sang comme au cours de la crise cardiaque. Les quantités sont plus modérées mais la fatigue du muscle cardiaque est bien réelle. Il se contracte moins vigoureusement et se relâche moins bien. Ce phénomène n’est peut-être pas  normal car l’élévation de ces marqueurs sanguins ne concerne pas tous les coureurs. Une étude a été menée au marathon de Berlin étude auprès de 167 athlètes amateurs, âgés en moyenne de 50 ans. Ces troubles ne sont présents que chez environ 30% des hommes et 10% des femmes. Ils se rencontrent surtout parmi les sportifs les moins entraînés !

Marathoniens atypiques

Pour réaliser son enquête Möhlenkamp a recruté ses coureurs grâce à une publicité proposant un bilan médical avant le marathon. Ainsi ce sont des sportifs pas tout à fait sereins qui se sont  présentés. Il s’agissait de 108 hommes de plus de 50 ans (57 ans en moyenne). Bien qu’ils ne souffrissent d’aucun symptôme, ce sont souvent d’anciens fumeurs. Bon nombre d’entre eux se sont mis tardivement à la course pour perdre du poids et renouer avec une hygiène de vie trop longtemps oubliée. Depuis, ils ne présentent  plus de facteurs de risque. Ils sont devenus de vrais compétiteurs en parcourant plus de 5 marathons au cours des 3 dernières années. L’analyse des IRM a mis en évidence chez 12 % de ces athlètes des petits dommages sur le muscle cardiaque ainsi que la présence de plaque de calcaire dans les artères du cœur. Ces plaques étaient plus fréquentes chez ces sportifs que chez une population du même âge et du même profil de risque non sportive.

Le corps est rancunier !

Au cours des 10 ans de suivi, 10 % des coureurs qui avaient des épaississements de calcaire dans leurs artères ont fait un accident cardiaque. Ce triste score est nettement supérieur à celui du groupe témoin. La course intensive n’est pas totalement responsable de cette hécatombe. Cependant, en activant la circulation dans les artères du cœur, elle a peut-être favorisé la fissure de quelques plaques de graisses préexistantes et provoqué la formation de caillots obstruant les artères. L’inflammation des vaisseaux crée par la pratique d’un sport «extrême» a pu contribuer à l’émergence de plaque de calcaire. En tout cas, elle s’est révélée incapable de faire oublier le passé trouble de nos repentis.

Mieux vaut tôt que jamais !

En pratique, si vous avez repris le sport après une longue période au cours de laquelle vous cumuliez tabac, alimentation déséquilibrée et surpoids, la prudence s’impose ! Votre corps en gardera toujours des traces. Un bilan cardiologique complet est obligatoire. Le sport intensif est déconseillé ! Même s’il n’est jamais trop tard pour renouer avec le mouvement, c’est une pratique modérée qui se révèle bénéfique à votre santé. Faites des sports d’endurance variés : footing, vélo, natation, cardiotraining. Optez pour 3 séances par semaine de 30 minutes à 1 heure, à une intensité telle que « vous puissiez parler mais pas chanter ». Ne dépasser pas le seuil de l’essoufflement. Complétez par des grandes balades, en marchant ou en pédalant, au cours desquels vous resterez en « aisance respiratoire ».

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Vous souhaitez absolument devenir marathonien …

Assurez-vous de l’absence de maladie cardiaque

  • Effectuez au minimum un électrocardiogramme
  • L’épreuve d’effort est conseillée après 40 ans.

Cet examen permet de détecter des anomalies, et fournit aussi des indices pour personnaliser l’entraînement.

Préparez-vous méthodiquement et assidument

  • 4 séances d’entrainement par semaine pendant les 3 ou 4 mois précédant le marathon sont indispensables.
  • Les personnes qui présentent des risques d’accident cardiaque sont celles qui sont les moins entrainées.
  • S’hydrater correctement au cours d’un marathon afin d’éviter les troubles du rythme cardiaque (boire toutes les 15 à 20 minutes environ).
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