Skip to content

SYLVAIN SUDRIE, L’APPEL DE LA VICTOIRE

5 juillet 2011

 A 28 ans, Sylvain SUDRIE est devenu Champion du Monde de Triathlon Longue Distance ITU 2010. Opéré du dos pendant son adolescence, ce champion aurait pu voir sa carrière sportive s’arrêter.

Propos recueillis par Gaëtan Lefevre

Vers l’âge de 15 ans, Sylvain SUDRIE suit les traces de son frère et se lance dans le triathlon. Rapidement remarqué, il intègre l’année suivante le pôle France. 12 ans plus tard, il devient champion du monde.

2010 a été une année fructueuse. Comment vous êtes-vous préparé ?

Mes entrainements dépendent des compétitions auxquelles je vais participer. Je fais mes propres plannings en fonction des épreuves. Généralement, je m’entraine tout seul, mais de temps en temps un consultant en natation me programme quelques séances d’entrainements spécifiques. Lors des grosses semaines d’entrainements, par exemple avant une épreuve longue distance, je peux faire une trentaine d’heures hebdomadaire. Habituellement, je triple la distance des disciplines. Je parcours dans la semaine 15 km de natation, 600 km de vélo et 70 à 80 km de course à pied.

Insistez-vous sur certaines disciplines ?

J’accentue mon entrainement sur le vélo. Cette discipline est la plus longue, en distance, et demande donc plus de temps. Ensuite vient la course à pied. En revanche, ma pratique de la natation me permet aujourd’hui de passer moins de temps à m’entrainer dans cette discipline.

Vous préparez-vous mentalement avant une compétition ?

Pas vraiment ! On y pense au quotidien et notamment lors des entraînements. C’est une motivation essentielle. Avant la course, on étudie son organigramme, on visualise les disciplines mais surtout, on se concentre pour penser à bien gérer son allure et son alimentation.

 Justement, vous imposez-vous une alimentation stricte ?

Je n’ai pas de règles d’alimentation strictes. Je ne me prive pas mais je fais attention. J’alterne la viande, le poisson, les féculents, les légumes, les fruits, etc. J’essaie de varier mes repas pour manger de tous. Là où il faut vraiment faire attention, c’est l’hydratation. C’est vraiment important !

A 15 ans, vous avez subi une opération du dos. Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous est arrivé ?

Pendant plusieurs années, j’ai eu un mal de dos récurent. J’avais du mal à rester debout car la douleur était insupportable. J’ai consulté un médecin et on a décelé une spondo listhesis. Il s’agit du glissement d’une vertèbre par rapport à une autre. J’ai, dans un premier temps, dû porter un corset. Puis, à l’âge de 15 ans, je me suis fait opérer par le professeur VITAL. Il s’agissait d’une greffe de cartilage des vertèbres déficientes. J’ai récupéré assez vite grâce au travail du kiné. 2 ou 3 mois après l’opération, j’ai pu reprendre la natation et 8 mois après, la compétition. A cet âge là, on récupère vite.

Êtes-vous parvenu à poursuivre votre entrainement dans certaines disciplines malgré cette blessure ?

Au départ, on me disait qu’il fallait un repos complet. Alors j’y ai cru. Mais finalement, je me suis rendu compte que ce n’était pas toujours mieux pour la douleur ou pour la récupération. J’essayais donc de continuer à pratiquer, notamment la natation et si possible le vélo. Mais toujours en faisant très attention.

Pensez-vous que cette blessure était due à votre pratique sportive ?

Plus jeune, avant de pratiquer la natation, j’étais plongeur et la spondo listhesis est une pathologie courante dans cette discipline. Cependant, je ne peux rien affirmer. Cette blessure peut aussi être une conséquence de ma croissance. Réellement, je n’en connais pas la cause exacte.

Avez-vous eu d’autres blessures au cours de votre carrière ?

Pas de gros bobos, non ! J’ai eu des tendinites et des périostites notamment dû à une pratique sportive intense. Mais je n’ai plus eu de grosses blessures.

Quelle discipline vous paraît la plus traumatisante ?

La course à pied est évidemment la plus traumatisante. Sans chute, le vélo n’entraine pas de choc. La natation peut entrainer quelques douleurs lorsque l’on manque de technique et que les gestes sont mal effectué. Je n’ai pas de problèmes de ce côté là. En revanche, la course à pied demande une sollicitation plus intense pour le corps.

Vous êtes partenaire de la marque Sigvaris. Pourquoi vous êtes-vous engagé avec elle ?

Pour moi, Sigvaris est la meilleure marque de bas de compression.  J’y trouve une grande utilité pendant la course à pied et elle me permet de mieux récupérer notamment en limitant les traumatismes dans les jambes.

Quel est le petit « plus » qui vous a permis d’être champion du monde en 2010 ?

J’arrive à maturité. Jai pris mes marques sur les longues distances. Au fur et à mesure des années, j’ai augmenté mon niveau. Mais il y a aussi l’appel de la victoire. J’avais fait quelques résultats avant ces championnats du monde qui m’ont mis en confiance et apportés une grosse motivation.

____________________________________________

TOUT LUMBAGO DE L’ENFANT EST UNE FRACTURE !

Tout lumbago de l’enfant est une fracture … jusqu’à preuve du contraire ! L’histoire de Sylvain SUDRIE illustre parfaitement cet adage. Les disques intercalés entre les vertèbres sont encore souples, les hernies sont exceptionnelles. En revanche, l’os en croissance est fragile. Lorsque le jeune sportif cambre son dos, il écrase l’arrière de ses vertèbres. Les petites articulations situées à ce niveau finissent par se fissurer. Cette fracture de fatigue porte le nom de spondylolyse. Cette lésion est présente chez près de 80% des plongeurs comme Sylvain. Avec les années, la vertèbre placée au dessus peut glisser sur sa voisine, c’est la spondylolyse. Les douleurs s’aggravent et les nerfs se coincent. Ainsi, pour éviter ces complications, quand un enfant souffre brutalement du bas du dos, il est impératif de rechercher cette fracture. Si les examens confirment ce diagnostic, il doit, comme Sylvain, mettre un corset empêchant de creuser les reins pendant 3 mois. En cas d’échec de la consolidation, une intervention est envisageable. La plus classique consiste à visser la zone cassée en interposant de l’os sain prélevé sur le bassin. Cette intervention n’a pas empêché Sylvain de devenir champion du monde de triathlon !

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :