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SÉBASTIEN COL, AVOIR LES PIEDS SUR TERRE EN MER

3 janvier 2012

Sébastien Col est un enfant de la mer. Jusqu’à l’âge de 9 ans, il a vécu avec ses parents à bord d’un bateau navigant de la méditerranée à l’Atlantique. Il apprend très jeune le maniement de la voile et conquiert très vite ses premiers titres. À 34 ans, Sébastien est fière de faire partie de l’équipe Audi ALL4ONE.

Propos recueillis par Muriel Sultan

 

Quelle est la base aujourd’hui de votre préparation physique ?

L’équipe Audi ALL4ONE se retrouve 5 fois dans l’année. Nous ne passons pas beaucoup de temps ensemble. De plus, les journées sont intenses et lorsque nous rentrons de la navigation, nous avons encore du travail technique à faire. La préparation physique se fait donc en amont des compétitions et des entraînements par équipe, c’est-à-dire en hiver. Chacun fait sa propre préparation par rapport à sa spécialité à bord pour être prêt en début de saison. Si un skipper n’est pas en forme, il risque d’être mis sur la touche.

Comment se déroule votre préparation ?

J’ai un poste à bord qui n’est pas très physique, je suis soit tacticien, soit barreur. J’essaie surtout d’être bien dans mon corps et dans ma tête. La barre est un poste où il faut avoir beaucoup de feeling et être constamment en éveil. J’essaie d’être en forme en début de saison sachant que le reste de l’année, je ne vais pas avoir beaucoup de temps pour récupérer de mes blessures ou de mes moments de fatigue. Je continue donc à faire du sport l’hiver.

Quels sports pratiquez-vous ?

J’aime bien aller au ski. Je pratique aussi du vélo et de la course à pied. Cependant, mes problèmes de genou limitent mon temps de course à 1h, 1h15. Lorsqu’il ne fait pas beau, je rame ou je joue au squash. J’aime bien les sports qui me servent en voile. Des sports où le cardio monte vite et où il faut rester lucide pour prendre les bonnes décisions. Le squash est un bon exemple.

Vous êtes blessé aux genoux ?

Non, j’ai les jambes arquées. Depuis tout petit, j’ai mal lorsque je cours longtemps. J’ai mon tendon extérieur qui frotte. J’ai fait pas mal d’exercices de proprioception pour équilibrer les 2 côtés et renforcer. Mais bon, c’est de pire en pire.

Les médecins n’ont jamais voulu vous opérer ?

Si, mais ils m’ont aussi recommandé de le faire le plus tard possible. Je ne suis pas à un poste à dominance physique sur le voilier, donc si j’ai mal aux genoux au cours de la saison, ce n’est pas très grave.

La préparation physique est-elle importante en voile ?

Je pense que l’activité est plus dans la tête que dans le corps, en tout cas à mon poste. Je ressens plus de fatigues psychologiques, ce qui peut amener à de la fatigue physique. Même avec beaucoup de voyage, je n’ai jamais ressenti de fatigue à un point de me dire »ok j’arrête ».

La part du mental est donc plus importante !

Elle est essentielle dans notre sport où nous utilisons la mer et le vent, difficilement mesurable. La calibration à bord du bateau est énorme et la mesure n’est jamais parfaite. Nous sommes toujours en mouvement et nous devons anticiper le vent, le courant, la température de l’eau, la stabilité de l’air, etc. Tous ces paramètres, nous devons les lire et les interpréter pour diriger au mieux le voilier. Il y a énormément d’incertitude et nous devons agir avec le peu d’informations que nous avons. Nous devons donc être réactif, avoir du feeling et gérer les risques. Tacticien, c’est toujours une question de risque. Plus nous nous écartons des adversaires, plus nous prenons des risques, plus nous nous en rapprochons, moins nous en prenons car nous allons avoir les mêmes conditions qu’eux. Alors le choix d’un petit écart peu rapporter un gros gain.

Avez-vous déjà eu de grosses blessures à bord d’un voilier ?

La majorité des blessures sont des traumatismes comme une poulie dans la tête. Ma plus grave blessure a été de me couper un doigt. Lors de ma préparation de la Cup America en 2004, j’ai grimpé sur un mat pour mieux juger le vent. J’étais à 30 mètres de haut. Les bateaux possèdent des lattes de grandes voiles perpendiculaires au mat. À l’avant de ces lattes, il y a un boite qui les réceptionne. Et lorsqu’on lâche les voiles, notamment dans un empennage, le boitier de lattes vient se mettre contre le mat. Pendant l’empennage, je passais de l’autre côté du mat et ma main se trouvait au mauvais endroit. Le boitier m’a coupé le doigt et à écrasé celui d’à côté.

Selon vous, quelle est la qualité indispensable pour pratiquer la régate ?

 Savoir prendre les bonnes décisions sous la pression, soit des adversaires directs, soit des conditions météos, soit du parcours. La tactique est mise en place en amont de la course. Après, il faut savoir s’adapter et prendre du recul pour décider. Il s’agit là de la qualité à mon poste. Tout le monde à bord à sa spécialité. Chacun possède donc ses propres qualités.

 Credits photos : Franck Socha

 

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