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LE SPORT, UNE « VARIABLE D’AJUSTEMENT » ?

20 mars 2012

Erwan a 13 ans. Je le vois à la rentrée des classes pour son certificat d’aptitude. Je l’interroge : « Alors, Erwan, combien de fois par semaine vas-tu aller au judo ? »

Sa maman me répond : « Il passe en 4e, ça  devient sérieux ! Il avait deux entraînements hebdomadaires mais cette année se sera un seul. Qu’en pensez–vous, docteur, c’est suffisant ?»

La frimousse dépitée du petit bonhomme m’encourage à ne pas acquiescer : « Sincèrement, je crois que cette deuxième séance à laquelle il tient, c’est l’occasion de le motiver pour améliorer son organisation et planifier ses devoirs. Tu es d’accord pour ce contrat, Erwan ? »

Le principal intéressé approuve de la tête et sourit. Alors j’enchaîne : « Si les activités extrascolaires servent de « variables d’ajustement », en troisième, il est sédentaire…  et en terminale S, il arrête de dormir ! »

Notre charmante maman sent bien que je la taquine gentiment mais  élargit le débat : « Oui, mais il faut qu’il se concentre davantage sur l’école et qu’il apprenne à réfléchir ».

Le commentaire me vient spontanément : « Le sport ne rend pas idiot, les études montrent bien que l’exercice physique entretient et développe le cerveau !  Oxygéner son cerveau favorise la sécrétion d’une hormone de croissance cérébrale appelée Nervous growth factor. Se mouvoir dans l’espace et « manipuler » des idées activent les mêmes zones du cortex : les « aires prémotrices ». La réalisation d’un geste sportif est à l’origine d’une activité neurologique complexe. Quand un footballeur frappe dans un ballon et qu’il arrive de l’autre côté du terrain dans les pieds de son coéquipier lui aussi lancé à pleine vitesse, ce technicien a spontanément solutionné une équation complexe. Il a intégré la vitesse des 2 joueurs et la distance à parcourir. Son cerveau a programmé la juste contraction musculaire pour orienter parfaitement le ballon et fournir exactement l’énergie cinétique nécessaire à cette parabole précise ! Tout cela en analysant le comportement des adversaires ! »

La maman concède : « Vu sous cet angle, c’est intéressant ! Et puis, c’est vrai, le sport est une école de concentration et de volonté. Je le vois bien. En combat, Erwan n’a pas le droit à l’erreur et il doit poursuivre son effort jusqu’au bout, sans rien lâcher… comme pour terminer ses devoirs ! »

Je crois que c’est gagné ! Je propose un petit programme : « Alors 2 fois du judo dans la semaine  et une balade à vélo le week-end avec papa et maman ? Ça, c’est sympa ! »

Par le docteur Stéphane Cascua, médecin du sport

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