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ET SI CE N’ÉTAIT PAS UNE ENTORSE DE CHEVILLE ?

6 août 2012

En courant, vous avez mis le pied sur une racine, votre cheville s’est tordue ! Vous pensez : « C’est une simple entorse ! ». Attention, dans ce type de traumatisme, de nombreuses blessures peuvent se produire. En cas de négligence, les délais de reprise s’allongent et les séquelles menacent !

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECINE ET TRAUMATOLOGIE DU SPORT.

 

Une entorse de cheville correspond à la lésion des ligaments reliant le péroné et l’arrière du pied. Selon la gravité, ces cordelettes fibreuses sont étirées, distendues ou déchirées. Habituellement, le traitement inclut une attelle en U fixée par du Velcro® et de la kinésithérapie. En effet, s’il faut éviter d’agresser ces tissus abîmés, leur élasticité naturelle impose de conserver un peu de mobilité pour orienter la cicatrisation des fibres dans l’axe des contraintes. On parle de « mécanisation ». Attention, d’autres blessures ne répondent pas à ce type de prise en charge !

Une fracture du péroné ?

En cas de bascule de la cheville, c’est la chaîne « os-ligament-os » qui est mise en tension. Parfois, c’est l’os qui se brise ! Ces fractures surviennent plus volontiers chez l’enfant et le senior. Dans le premier cas, c’est la zone de croissance qui cède (voir sur le blog SantéSportMag : « Les entorses des enfants sont des fractures ! »). Dans le second, l’os s’est décalcifié et est devenu plus fragile. En cas de gonflement important, d’impotence, la radiographie permet de préciser le diagnostic. Pour favoriser la consolidation osseuse, une structure rigide, une immobilisation plus stricte à l’aide d’une résine est la bienvenue. De temps à autre, la cheville a tourné autant que basculé, la fracture suit un parcours en spirale. Elle est instable et risque de se déplacer. Une opération permet de fixer la lésion avec une plaque et des vis. Parfois, il ne s’agit que d’une petite écaille osseuse provenant du point d’accrochage du ligament. Une telle lésion est l’équivalent d’une entorse grave.

Un os arraché par un tendon ?

Le muscle qui tente d’éviter l’entorse est situé derrière le péroné.  Il est prolongé par un tendon, un cordon fibreux, qui vient s’accrocher à la face externe du pied. Plus exactement, il s’insère à la base de la baguette osseuse prolongeant le 5e orteil. Lorsque le pied se tord, les muscles péroniers se contractent puissamment pour tenter de redresser la cheville. La traction est parfois si vigoureuse que le point d’insertion osseux s’arrache ! Là encore, cette lésion osseuse impose une immobilisation stricte par résine. Cette fois, il est d’usage de ne pas donner l’appui au cours des premières semaines. En effet, le fragment osseux brisé est accroché à un tendon et à un muscle dont la contraction pourrait provoquer son déplacement. Attention, de temps à autre, la fracture se situe à distance de l’insertion des péroniers, plus près du 5e orteil. On parle de « fracture de Jones ». À ce niveau, l’os reçoit peu de sang, les vaisseaux sont peu nombreux et la consolidation laborieuse et incertaine. Il est fréquent de proposer une intervention au cours de laquelle le chirurgien met une plaque ou une vis. À l’inverse, si la lésion n’est qu’une petite écaille osseuse, elle correspond souvent à une entorse de l’articulation voisine. Dans ces circonstances, un strapping et une rééducation précoce sont suffisants.

Une luxation tendineuse ?

Ces mêmes tendons « péroniers latéraux » peuvent aussi se luxer, sortir de la gouttière dans laquelle ils coulissent en déchirant la gaine fibreuse qui les entoure. En effet, ils font poulie en arrière de la partie basse et volumineuse du péroné, la malléole externe, puis repartent en avant. Quand la cheville part en torsion, ces muscles se contractent pour essayer de la redresser. Si la mise en tension est violente, si le couloir osseux n’est pas très creusé, ils prennent la corde et se luxent. Le plus souvent, les tendons rejoignent spontanément leur emplacement. De fait le diagnostic est souvent difficile mais la perception d’un double claquement est néanmoins caractéristique. Si cette lésion est confirmée par une échographie ou une I.R.M., un traitement rigoureux s’impose. Une botte en résine moulant bien l’arrière du péroné est envisageable pendant 6 semaines. Cependant, une réparation chirurgicale est souvent proposée pour refaire le canal fibreux et éviter la récidive.

Une autre entorse de cheville ?

Il arrive que le pied bascule dans le sens inverse à l’entorse habituelle, comme s’il s’effondrait du côté du gros orteil. Dans ces circonstances, le ligament situé sous le tibia peut être abîmé.

C’est l’entorse du ligament latéral interne. Il a une forme d’éventail et soutient la voûte plantaire au passage du pas. Pour cette raison, sa lésion rend douloureuse le déroulé du pas. C’est beaucoup moins vrai en cas d’entorse externe. Aussi, il est souvent opportun de soulager l’appui quelques jours grâce à l’utilisation de béquilles. Une bottine rigide en résine est indiquée plus souvent qu’en cas d’entorse externe. Au cours de ce traumatisme, l’astragale, l’os de la cheville pris en pince entre le tibia et le péroné, pousse ce dernier. Il déchire les ligaments et les membranes reliant les 2 os de la jambe entre eux. On parle d’ « entorse du ligament péronéotibial et de la membrane interosseuse ». Dans ces circonstances, marcher provoque l’écartement de ces 2 os, la lésion ne peut pas cicatriser. Là encore une résine, sans appui, pendant plusieurs jours est nécessaire.

Une entorse du pied ?

Tous les petits os du pied sont reliés par de multiples ligaments. Au cours de ces torsions, ils sont parfois étirés. Si la marche est douloureuse, le sportif peut s’aider de béquilles quelques jours. Même s’il existe un petit arrachement osseux en écaille, un petit strapping circulaire entourant le pied est souvent suffisant. Bien sûr, l’orthèse en U est inutile. Sauf si cette blessure est accompagnée d’une entorse externe de cheville. En effet, fréquemment, il arrive que toute la chaîne ligamentaire soit violemment mise en tension lors du traumatisme. Notez que bon nombre des blessures évoquées dans cet article n’exclut pas une entorse. Ainsi, ces lésions ne sont pas toujours des « diagnostics différents », elles constituent souvent des « diagnostics associés ».

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COMMENT FAIRE LA DIFFÉRENCE ?

Vous l’avez compris, si vous vous « tordez la cheville », ce n’est pas forcément une entorse de cheville. Consultez votre médecin du sport ! En vous interrogeant, il précisera le mécanisme du traumatisme et vos sensations. En regardant votre articulation, il notera l’emplacement des gonflements  et des ecchymoses. Il testera vos muscles et vos tendons. Il mobilisera en douceur toutes vos articulations. Il palpera méthodiquement tous les endroits suspects. Si nécessaire, en fonction de ces éléments, il choisira et prescrira l’examen le plus adapté : radio, échographie ou I.R.M. De cette enquête, il déduira la nature exacte des lésions. Bref, il fera un diagnostic précis ! C’est indispensable pour mettre en place le traitement le plus adapté. C’est crucial pour reprendre le sport au plus vite et sans séquelles !

One Comment leave one →
  1. dridi permalink
    8 décembre 2012 2:02

    merçi pour c’est explications

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