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KARINE HERRY – L’ULTRA, UNE COURSE AU QUOTIDIEN

7 août 2012

Mère de jumeaux, médecin de campagne et spécialiste en nutrition, Karine HERRY est aussi une traileuse chevronnée et titrée 7 fois championne de France des 100­km, 1 fois championne de France des 24 heures, détentrice de 2 victoires au Grand Raid de la Réunion en 2006 et en 2011, et victorieuse du The North Face® Ultra-Trail du Mont-Blanc® en 2006. Une vie active, une préparation intelligente et une alimentation équilibrée ont permis à cette athlète d’affronter les obstacles et de gravir montagnes et podiums.

PROPOS RECUEILLIS PAR GAËTAN LEFÈVRE

 

Sur le départ pour la Guadeloupe, avec sa famille pour participer à un trail, Karine HERRY nous livre ses conseils plus que judicieux.

Comment conciliez-vous votre travail de médecin, votre rôle de mère et les entraînements à la course à pied ?

J’ai toujours privilégié la qualité du travail. Je ne cherche donc pas à faire des journées démentielles. Dans mon travail de médecin de campagne, j’ai une clientèle très fidèle qui s’est bien adaptée à mes horaires particuliers et à mes absences dues à mes déplacements sur des trails. Mon enjeu est de pouvoir répondre à ma patientèle tout en pratiquant mon sport. À la maison, je suis énormément aidé par mon conjoint, Bruno TOMOZYK. Il réalise une grosse partie du travail domestique. Il fait la cuisine, de manière saine et savoureuse. Il s’occupe beaucoup des enfants, les emmène à leurs activités, etc. On a trouvé ainsi un équilibre au sein de la famille. Et lorsque je me déplace sur des  courses, je suis souvent accompagnée par ma famille grâce à la gentillesse des organisateurs, que je remercie.

Et quand planifiez-vous vos entraînements ?

J’ai commencé à courir en 1994. Dans un premier temps, je suivais des entraînements stéréotypes que me réalisait mon conjoint, qui est aussi mon coach. À l’époque, je n’étais pas encore installé, et il était plus facile pour moi d’y adapter mon emploi du temps. J’allais aussi courir le soir avec une lampe frontale. Aujourd’hui, j’adapte mon entraînement. Je n’ai pas voulu faire de sacrifice familial, ni des journées trop longues. Je m’entraîne donc de 15h et 16h, entre mes consultations. Avec l’expérience, je privilégie davantage l’aspect santé. Je travaille donc moins longtemps mais mes entraînements sont plus soutenus. Il m’arrive aussi de fermer le cabinet une journée pour partir  s’entraîner, souvent sur un aspect spécifique comme le cumul de dénivelé positif ou négatif. Le week-end, je me déplace avec mes enfants. Je travaille ma course et ces derniers me suivent à vélo. Je favorise ainsi les sorties familiales.

Vous êtes médecin spécialisé en nutrition. Quelles sont vos règles d’or de l’alimentation du sportif ?

Dans les règles d’or, il y a ce que tous les sportifs connaissent et que l’on peut lire dans les magazines spécialisés, c’est-à-dire le besoin d’un apport en sucres lents, en protéines pour les muscles, etc. Cependant, j’ai surtout découvert qu’il ne fallait pas uniquement penser en terme de régime mais aussi mettre de bonnes graisses dans son assiette comme des huiles d’olive, de noix, de lin… qui sont indispensables pour le corps et notamment pour le cerveau. Avec le temps et l’expérience, j’ai beaucoup appris. Par exemple, dans le régime dissocié scandinave, qui consiste à vider ses réserves en glycogène pour les remplacer par une alimentation type pasta-party, je me suis aperçue que cela pouvait être délétère pour le pancréas et même entraîner des risques de diabète. Mes repas, avant une course, ne sont pas différents de ceux du quotidien mais avec un équilibre entre protéines, glucides et lipides. Pour le petit déjeuner, je prends un vrai repas. J’équilibre mes assiettes avec des produits de saison. Du coup, je n’ai pas de variations de poids entre l’hiver et l’été.

Comment vous alimentez-vous pendant un ultra ?

Tout d’abord, je m’assure d’arriver en forme avec les intestins blindés. Pendant la course, j’essaie d’avoir des pauses alimentaires égales à celles de mon quotidien et aux mêmes horaires. Pour les ravitaillements, je prends sur moi, ce qui est nécessaire. Je bois 500 ml d’eau par heure et des boissons pour m’apporter de l’énergie. De plus, j’alterne gels, barres, moelleux aux amandes à base de pommes de terre, et pâtes de fruits bio. Il est important de se connaître et de contrôler ses intolérances. Par exemple, je fais de l’intolérance aux protéines de lait de vache, je bois donc du lait de jument. Il est aussi important de diversifier son assiette pour l’organisme et pour que l’intestin soit performant.

Dans votre préparation, le travail avec votre podologue est important. En quoi consiste-t-il ?

Depuis 2003, je travaille avec Lafuma®. On a commencé en développant une chaussure ensemble pour répondre à la demande du marché mais aussi pour le confort, le respect des articulations et la sécurité : le maintien de la cheville, etc. Elle devait être ni trop légère, ni trop souple. J’ai ainsi demandé à travailler avec mon podologue, Thierry LE ROYER, pour qu’il suive l’évolution et l’avancée des travaux (voire l’encadré). Ainsi, nous pouvions tester différents types de chaussures. Nous combinions mon ressenti avec les analyses du podologue. Lafuma® a ainsi pu développer une gamme de chaussures confortables, respectant la santé, performantes et répondant aux contraintes du marché.

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TROUVEZ CHAUSSURE À VOTRE PIED

Le pied est un des outils essentiels du coureur. Bon nombre de petits problèmes anodins ou douleurs supportables deviennent une cause d’abandon après plusieurs kilomètres. Le podologue devient donc un allié primordial dans la préparation d’une course ou d’une saison.

Thierry LE ROYER est le podologue de Karine HERRY. Depuis une dizaine d’années, pour corriger son défaut de pied en course, il suit la traileuse et lui prépare ses semelles. Podologue-pédicure, podologue du sport et posturologue, Thierry LE ROYER recherche les causes des douleurs de ses patients à l’aide de 2 analyses : dynamique et posturale. L’analyse dynamique effectuée sur un tapis de course et sous vidéo permet de décomposer le mouvement et de voir les différentes angulations du pied. Parallèlement, l’analyse posturale définie par les variations de posture de l’athlète, le centre de gravité, le centre de pression podale… offre un examen complémentaire pour repérer des fautes de pied ou des problèmes de poids. Et pour que le pied soit dans les meilleures conditions de course, le choix d’une bonne chaussure s’impose.

Thierry LE ROYER et Karine HERRY travaillent avec la marque Lafuma® pour le développement de chaussures de course à pied. Le podologue aux multiples casquettes insiste sur l’importance de la posture provoquée par la chaussure. Il ne s’agit pas uniquement des performances de l’athlète mais aussi de sa santé. Par exemple, les chaussures avec des renforts latéraux externes bloquent les mouvements de pied et favorisent, chez les individus dont les pieds vont en avant et en dedans (sur le gros orteil), lombalgie et cervicalgie. Sur ce point, le travail du podologue, d’athlètes et de la marque Lafuma® ont permis de faire évoluer les chaussures. Parallèlement, d’autres critères sont observés et analysés pour offrir les chaussures les plus performantes tout en protégeant le coureur. La stabilité de la chaussure en est un important. En mesurant l’angle de l’arrière du pied, les spécialistes observent l’effet des chaussures sur le mouvement du pied. Dans ces tests, 3-4 coureurs donnent leurs ressentis. Selon leurs poids, leurs foulées, leurs pieds, le terrain pratiqué, etc., les sensations et les besoins diffèrent. Chaque pied possède donc son type de chaussures. Par exemple, un coureur pronateur, c’est-à-dire dont le pied s’affaisse en dedans, ne portera pas les mêmes chaussures qu’un athlète supinateur, dont les pieds basculent en externe. Vous trouverez généralement en magasin des chaussures pronatrices car 80 % des coureurs ont les pieds qui s’affaissent en dedans. Il est très important de trouver chaussure à son pied. N’hésitez donc pas à aller voir un podologue pour connaître la nature de votre pied.

Une paire de chaussures adaptée peut donc corriger certaines pathologies ou des problèmes de posture permettant ainsi d’éviter des douleurs inutiles et d’être plus performant. Thierry LE ROYER nous livre ses critères de sélection. Comme vu précédemment, la stabilité de la chaussure est importante. Ces dernières ne doivent être ni trop amortissantes ni trop rigide. Le pied a besoin de surface pour se stabiliser et pour soulager les articulations. L’amorti est situé sur le talon ou sur l’avant de la chaussure selon votre attaque du pied en course. Ensuite, la chaussure doit se plier au niveau  métatarsien. Pied nu, la pliure se situe à cet endroit et pas ailleurs. Enfin, vous devez prendre au moins une pointure au-dessus de celle de vos chaussures de ville car les pieds gonflent avec la pratique du  sport. Les chaussures sont sélectionnées en fonction de l’anatomie du pied et pas l’inverse !

 

 

 

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