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MOLLET DE CYCLISTE PRIS AU PIÈGE

17 octobre 2012

En pédalant, vous souffrez d’un mollet. Quand vous accélérez, la douleur s’intensifie ! Il ne s’agit pas d’une crampe ou d’un claquage. Vous avez peut-être une artère coincée !

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT.

 

Vous connaissez bien les sensations musculaires normales au cours de l’effort. Dès que vous taquinez l’essoufflement, ça chauffe dans les cuisses et les mollets ! Les perceptions sont identiques à droite et à gauche. Depuis quelques temps, les choses sont différentes. Vous avez mal ! La douleur vous assaille pour des intensités cardiovasculaires modérées… et seulement d’un côté ! Ce n’est pas normal ! Si vous avez fumé et surtout si vous continuez, si vous avez du cholestérol, ces symptômes peuvent être la conséquence de l’obstruction partielle de l’artère du mollet par une plaque de graisse. Mais le plus souvent, c’est un vaisseau qui coince !

Anomalies anatomiques et sport !

À l’arrière du genou, dans l’espace nommé « creux poplité » on trouve « l’artère poplitée ». Elle passe entre les 2 masses symétriques du mollet appelées « jumeaux ». Elle apporte le sang et l’oxygène à ce muscle volumineux. Parfois, le « jumeau interne » s’accroche trop au milieu et empiète sur l’espace dévolu aux vaisseaux. De temps à autre, c’est l’artère qui présente un trajet anormal. Elle passe entre le muscle et l’os. Elle est pincée lors de la contraction. Ces particularités sont souvent bien tolérées chez le sédentaire. En revanche, chez le sportif et tout particulièrement chez le cycliste, les mollets prennent du volume et se contractent puissamment. Ces particularités anatomiques décompensent et l’artère se coince pendant l’effort. Rarement, hypertrophie et activité musculaire intense suffi sent à interrompre le flux sanguin. Quand l’oxygène vient à manquer, le mollet tente de se contracter en « anaérobie ». Il produit de l’acide lactique et devient rapidement douloureux !

Des examens pour confirmer !

Face à ces symptômes, votre médecin du sport cible son examen. Il appuie légèrement sur les artères situées en aval du creux poplité. Il analyse le passage du sang au rythme des contractions cardiaques en arrière des chevilles. On dit qu’il palpe les « pouls tibiaux ». Au repos, tout est normal ! Quand vous montez sur la pointe des pieds ou lorsque vous étirez le mollet, il arrive que cette sensation pulsatile diminue ou disparaisse. Parfois, il faut effectuer de nombreuses flexions-extensions pour percevoir la réduction du flux sanguin. De temps à autre, votre médecin ne détecte aucune anomalie malgré une histoire caractéristique ! De toute façon, il est nécessaire d’effectuer des examens complémentaires. La radiographie décrit le contour des os à la recherche de rares becs osseux qui appuieraient sur l’artère. L’écho-doppler vient la compléter. Il utilise les ultrasons. L’étape « échographie » observe l’anatomie des tissus mous, notamment les muscles et les artères. Elle recherche une anomalie de position. L’étape « doppler » analyse le flux sanguin et ses modifications. L’artériographie est indispensable avant toute opération. Elle consiste à injecter dans le sang un produit opaque qui moule l’intérieur de l’artère. On observe ainsi aisément les déviations de son trajet, ses pincements et parfois l’épaississement cicatriciel de ses parois abîmées.

Une opération pour vous soulager !

Bien évidemment, en cas d’anomalie anatomique, la lésion ne peut pas guérir spontanément. Une intervention est nécessaire. Le chirurgien sectionne le faisceau musculaire qui écrase l’artère. Lorsque c’est le trajet du vaisseau qui provoque son coincement, il est coupé, dévié et suturé à lui-même pour rétablir la continuité. En cas de cicatrice épaisse obstruant partiellement l’artère, une greffe est réalisée. Le segment abîmé est enlevé et remplacé par un morceau de veine prélevé dans le mollet. Le plus souvent, les suites sont simples. Après quelques semaines et un peu de rééducation, vous réenclenchez vos pédales automatiques.

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ATTENTION COMPLICATIONS !

La portion de l’artère tordue et comprimée à chaque contraction musculaire finit par s’abîmer. Il se constitue à l’intérieur du vaisseau une cicatrice épaisse qui le bouche partiellement. Cette zone dénudée se comporte comme une petite plaie. À son contact, il peut se former des caillots de sang. Il s’agit souvent de petits fragments qui se détachent. Ils se bloquent plus en aval dans des artérioles de diamètre réduit. La portion musculaire normalement oxygénée par ce vaisseau nécrose. C’est l’embolie ! Parfois un gros caillot se constitue sans migrer et obstrue complètement l’artère poplitée. Tout le mollet risque d’être détruit ! C’est la thrombose. Bref, il ne faut pas traîner avec ce type de symptômes ! Un bilan et une prise en charge rapides s’avèrent nécessaires !

Illustration Mathieu Pinet

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