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LE FAUX LUMBAGO DU SPORTIF

19 novembre 2012

Très souvent, chez le sportif, une douleur dans le bas du dos correspond à une souffrance vertébrale située plus haut. Son traitement est spécifique. Il est possible que cela vous concerne !

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT.

 

Gilles termine son entraînement de golf au practice, il a enchaîné les swings. Quelques heures plus tard, il ressent une douleur lombaire basse, plutôt à gauche et un peu dans la fesse. Il est sûrement victime d’un « syndrome de la charnière dorsolombaire­», le faux lumbago du sportif.

C’est une irradiation nerveuse

La colonne vertébrale comporte 3 niveaux : le cou, le dos et les lombaires. Entre chacune de ces zones, elle change d’incurvation. De fait, il s’agit de secteurs où s’exercent de fortes contraintes mécaniques. De profil, vous le constatez, la colonne lombaire est creuse, on parle de «­lordose­». Le dos, au sens anatomique du terme, en regard des côtes, est légèrement voûté, on parle de «­cyphose­». La modification de courbure se localise surtout entre la dernière vertèbre dorsale appelée D12 et la première lombaire nommée L1. À ce niveau, sort un nerf qui descend à la verticale, innerve les muscles longeant la colonne, franchit l’os du bassin dans un petit tunnel fibreux puis donne la sensibilité de la peau des fesses. Vous comprenez que son irritation provoque une contracture musculaire basse, une douleur du bassin très près de la colonne et une irradiation dans les fesses. C’est le « syndrome de la charnière dorsolombaire­». Ces symptômes ressemblent étrangement au lumbago banal provoqué par une souffrance des derniers disques intervertébraux. Quand faut-il penser au « syndrome de la charnière dorsolombaire » ? Les courbures de la colonne de profil dont nous avons parlé lui permettent de se comporter comme un ressort. Elle se comprime lors des impacts. Si vous en abusez, les zones de transition souffrent, tout particulièrement la charnière dorsolombaire. Il existe un second mécanisme agressif pour cette zone de transition. Il concerne les rotations de la colonne vertébrale. En effet, votre colonne lombaire ne tourne pas. En arrière de vos vertèbres les plus basses, on trouve de petites articulations en ailettes qui imposent un mouvement de flexion ou d’extension. Il s’agit d’un souvenir de notre passé de quadrupède galopeur. La colonne dorsale ne pivote pas non plus car elle est bloquée par les côtes et la cage thoracique. De fait les rotations sont assumées par les quelques étages vertébraux de la charnière dorsolombaire. Lorsque vous tournez en excès, ce secteur anatomique s’irrite. Gilles s’est fait mal en multipliant les swings. Classiquement, il aurait pu souffrir après une séance de tennis comprenant beaucoup de coups droits et revers.

Une thérapeutique souvent différente

Le traitement prescrit dans les lumbagos habituels se montre souvent efficace. Antiinflammatoires, antidouleurs et décontracturants contribuent à faire restaurer un fonctionnement normal de la colonne, véritable cercle vertueux de cicatrisation. Cependant, au niveau de la charnière dorsolombaire, la lésion se situe rarement au sein du disque intervertébral. Les hernies discales y sont exceptionnelles. Il s’agit plus volontiers d’irritation ou de micro-coincements des petites articulations postérieures en ailettes. De fait, les manipulations vertébrales sont fréquemment efficaces. Elles s’effectuent classiquement en rotation ou en traction verticale afin de libérer la mobilité entravée. Cette piste thérapeutique permet souvent d’abréger les délais de reprise sportive. Si ces manœuvres se révèlent efficaces, il suffit souvent de 2 à 3 jours de calme avant de reprendre progressivement votre sport.

Prévention : amortissement et contrôle des rotations

Le gainage constitue un grand classique pour renforcer les muscles soutenant la colonne et contribuant à l’amortissement des impacts. Au cours de ces exercices, creusez légèrement le dos en ralentissant le mouvement puis redressez les courbures de votre colonne en soufflant. Travaillez aussi vos muscles abdominaux obliques en rotation et freinez le retour de votre buste. Attention, réalisez ce geste en position couchée. Ces muscles ne travaillent pas quand votre buste se contente de pivoter à l’horizontale comme dans les exercices bâton derrière la nuque. De surcroît, n’abusez pas de l’amplitude. Si vous allez trop loin, vous reproduisez l’agression articulaire ! Les violentes rotations lancées, typiques d’échauffements au golf, constituent un bon exemple de geste traumatisant.

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