Skip to content

FREERIDE, À L’ASSAUT DES VALLÉES BLANCHES

29 janvier 2013

Le ski freeride est un sport de glisse extrême et spectaculaire. Pratiqué hors des sentiers battus, les freeriders dévalent des flans de montagne à toute vitesse, en choisissant leurs propres tracés et en y intégrant des sauts. Généralement associé au plaisir des grands espaces vierges, ce sport est soumis aux contraintes imposées par la montagne, de longues descentes dans la poudreuse, et à la gestion des sauts. Face à ces exigences techniques et physiques, les points de vue des freeriders diffèrent.

Propos recueillis par Gaëtan LEFEVRE

 SantéSportMagazine hors serie ski - Freeride - credit_photo_EIDER - Tristan Shu

Pour le numéro spécial ski de SantéSportMagazine, deux freeriders aux profils différents ont répondu à nos questions. Sponsorisé par Eider®, Adrien COIRIER est un athlète expérimenté de 31 ans. Depuis sa rencontre avec un moine bouddhiste, il a fait évoluer sa préparation. Face à lui, le benjamin Leo SLEMETT n’a pas encore fêté ses 20 ans. Jeune mais talentueux, il s’est déjà imposé dans le team The North Face®.

Des pistes interminables, des mètres de poudreuse, des sauts et réceptions…, le freeride est un sport extrêmement physique. Exige-t-il une condition particulière ?

Adrien COIRIER : Le ski est un sport de technique et d’équilibre. Bien qu’un minimum de condition physique soit indispensable, il n’est pas primordial d’être « affûté » comme pourrait l’être un triathlète.

Leo SLEMETT : Le ski sollicite la quasi-totalité de notre corps : membres inférieurs, dos, membres supérieurs, nuque, etc. Le freeride, en plus des contraintes physiques et techniques du ski alpin, demande au corps de résister à la pression des sauts et d’endurer de longues descentes.

Vous avez donc une préparation physique spécifique ?

A. C. : Ayant un passé de skieur alpin, j’ai très bien connu la rigueur des entraînements fédéraux. Au début de ma carrière de freerider, je n’avais aucune préparation physique. Le sport ayant beaucoup évolué au niveau du professionnalisme, j’ai recours, depuis 5­ ans, à un préparateur qui me crée un programme.

L. S. : Cette année, pour attaquer ma saison d’hiver, j’ai fait environ 3 mois de préparation physique spécifique avec un entraîneur à côté de Chambéry, où je réalise mes études.

Comment se déroulent vos entraînements ?

A. C. : Personnellement, je ne considère pas le temps passé sur les skis comme de l’entraînement. Pour moi, l’entraînement se déroule avant la saison… au moins 4 mois avant. Dans une journée typique, je pars le matin pour un footing d’échauffement d’une vingtaine de minutes. Ensuite, je travaille sur le fractionné. L’après-midi est consacré à la musculation.

L. S. : Mes entraînements commencent toujours par un échauffement musculaire, puis des exercices spécifiques au thème de la séance, et enfin je finis par quelques minutes d’étirements.

Vos entraînements ne se limitent pas uniquement au ski. Quels autres sports pratiquez-vous pour préparer une saison de freeride ?

A. C. : Principalement de la musculation ! Il est important d’être solide en gainage et au niveau du dos, pour ne pas ressentir de douleur lors des réceptions de sauts. Je fais aussi beaucoup d’exercices de force explosive pour les membres inférieurs. À côté, je skie beaucoup en montagne, pas dans un but d’entraînement mais plutôt par plaisir. J’essaie d’allier l’effort à ma passion et à mes différents loisirs. Par exemple, j’aime beaucoup pêcher. Du coup, je choisis des lacs de montagne pour m’imposer une séance de randonnée !

L. S. : De mon côté, je ne suis pas adepte de la musculation pure mais je pratique bien d’autres sports en parallèle. J’adore le surf, la course en montagne, la slackline, le trampoline et le vélo.

A. C. : Moi, l’été, j’adore le golf ! Ce sport est tellement différent du ski. Il ne faut pas forcer, tout est mental. J’évite quand même d’utiliser des voiturettes. Je pratique également la plongée, la chute libre, la pêche. Depuis cet été, je rénove une vieille ferme de 1805, donc même si ce n’est pas catalogué comme un sport, je vous garantis que le béton et la charpente, c’est physique !

En période hivernale, combien d’heures par semaine ou par jour passez-vous sur les skis ?

A. C. : Minimum 18h par semaine ! Si les conditions sont exceptionnelles, comme c’est le cas actuellement, je peux y passer en moyenne 6h par jour !

L. S. : J’essaie d’aller skier tous les jours selon les conditions météo. Une journée de ski commence vers 9h pour se terminer entre 15 et 16h avec une petite pause déjeuner.

Adrien, durant la saison 2005/2006, vous vous êtes préparé psychologiquement et mentalement avec Sylvain GUINTARD, moine bouddhiste. En quoi cela a-t-il consisté ?

A. C. : Sylvain m’a fait découvrir Takishugyo, la méditation sous cascade. C’est un exercice qui forge le mental, plus particulièrement la détermination et la confiance en soi. Le but est de rester le plus longtemps sous la cascade en hiver avec une température extérieure en dessous de zéro et une eau à trois degrés. Pendant cette méditation, on exécute des katas respiratoires, en se concentrant sur les ressentis, tout en luttant contre les mauvaises pensées du cerveau. Tout cela jusqu’à la limite du corps humain. On est au bord de la rupture d’anévrisme.

SanteSportMagazine Hors Serie Ski - freeride Adrien Coirier

Pourquoi avoir choisi de travailler avec un moine ?

A. C. : J’ai rencontré Sylvain par le biais d’un site Internet communautaire. Il postait des photos sur lesquelles il marchait sur des braises et cassait de la glace d’un lac gelé pour aller s’y baigner ! J’ai tout de suite accroché car, pour moi, ce qu’il réalisait était impossible. Il m’a fait découvrir des limites de mon corps, jusque-là inconnues.

Que vous a apporté ce travail ?

A. C. : La détermination… et des performances ! Je suis passé, en une saison, de la 14e place mondiale à la 3e ! Avant, j’avais mis 3 ans pour grapiller 10 places.

Travaillez-vous toujours avec Sylvain GUINTARD ?

A. C. : Pas en préparation de cette saison. C’est le premier été depuis 4 ans où je n’ai pas de rééducation à faire et où je me sens en pleine forme. En revanche, j’avais besoin d’oublier un peu l’entraînement et de me recentrer sur le plaisir.

Leo, comment arrivez-vous à gérer, en termes de temps, d’investissement…, l’école de commerce et le sport de haut niveau ?

L. S. : J’ai la chance d’avoir non loin de chez moi, au Bourget-du-Lac (73), une ESC avec une filière CESNI (Centre d’études des sportifs de niveau international) qui me permet de compresser mon année en trois mois de cours à l’automne et trois autres au printemps. Je peux ainsi profiter à fond de mon hiver, même si je dois reconnaître que l’automne n’est pas évident à gérer.

Vous dites, dans votre biographie pour The North Face®, que vos plats préférés sont la raclette et la pizza. L’alimentation est-il un aspect de votre travail au quotidien ?

L. S. : Elle devrait certainement l’être, mais ce n’est pas un des aspects de mon travail au quotidien. J’essaie d’y faire un peu attention, mais j’aime les bonnes choses et je suis encore étudiant…

Quelles sont pour vous les règles d’alimentation du sportif ?

L. S. : Pendant la saison, il est important de ne pas abuser des plats trop caloriques car les toxines sont aussi bonnes que dures à éliminer. Bien s’hydrater pendant les temps d’effort et de récupération est primordial.

Et pour vous, Adrien, l’alimentation est-il un aspect important ?

A. C. : Pas du tout ! À part le fait que je m’astreigne à manger de tout, je n’ai aucun programme diététique. Je pèse 65 kg et je n’ai jamais pris ou perdu plus d’1 kg en 5 ans. Tout dépend du sport et de la personne ! Selon moi, en freeride, l’alimentation ne sert pas à grand-chose.

Crédit photo : Eider

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :