Skip to content

ÉRIC DEGUIL, FACE À LA NATURE

7 février 2013

Dans l’univers du canoë, la nature tient une place importante. Et loin des bassins aménagés ou des compétitions en eau calme, le kayak extrême a aussi ses athlètes, son public et ses compétitions. En tête du classement général de l’AWP world serie, Éric DEGUIL devient champion du monde de questions.

Propos recueillis par Gaëtan LEFÈVRE

 SanteSportMagazine N°21 - Eric Deguil

Nîmois, Éric DEGUIL est issu d’une famille de kayakistes. Amoureux de la montagne et des grands espaces, il quitte peu à peu les bassins artifi ciels et bétonnés pour se consacrer aux joies de l’eau vive en pleine nature. Membres du team Teva®, il a dernièrement brillé sur la green Race aux États-Unis, la plus prestigieuse des courses de kayak extrême de la planète.

Pouvez-vous nous présenter le kayak extrême ?

Le kayak extrême n’est rien d’autre que du kayak de haute rivière poussé à ses limites. Nous classons les rivières du niveau 1 au niveau 6, la classe 6 étant considérée infranchissable. Je dis bien « considérée » car, depuis 4 ans, des records effroyables ont été réalisés. La philosophie est identique aux autres sports de haute montagne.

Les courses de kayak extrême sont-elles plus physiques que celles de canoë-kayak classique ?

Si l’on compare les courses de kayak extrême aux formats de compétitions « classiques » comme le slalom ou la descente, l’exigence physique est identique. Cependant, sur un parcours de compétition de kayak extrême, il faut être bien conscient que l’erreur coûte parfois bien plus cher qu’une simple pénalité ajoutée au chronomètre. Les sorties de route pardonnent peu ! L’engagement change !

Comment êtes-vous installé dans votre kayak ?

Le canoë et le kayak sont deux disciplines bien distinctes. Aussi différentes que le ski et le snowboard ! Les postures de chacune ces disciplines sont bien différentes tout comme leur historique. Le canoë est venu en Europe après la création des comptoirs en Amérique du nord. Les trappeurs ont emprunté ce mode de déplacement aux Indiens car il permettait de transporter rapidement et sans trop de fatigue de lourds chargements. Le canoë se manipule à genoux avec une pagaie simple. La discipline est asymétrique puisqu’on ne pagaie que d’un seul côté de l’embarcation. Le kayak quant à lui était utilisé par les esquimaux pour la chasse en mer. On s’y assoie les jambes en avant semi-allongées puis on avance à l’aide d’une pagaie double. On pagaie donc des deux côtés du kayak. Les gens on souvent tendance à confondre ces deux disciplines.

Vous avez été confronté à différentes blessures, notamment une triple fracture lombaire en 2009 au Mexique. Considérez-vous le kayak extrême comme un sport violent ?

Je suis loin du palmarès de certains pilotes de super cross mais la liste des os que je ne me suis pas fracturés est assez longue. La plus grosse blessure que j’ai connue étant effectivement une triple fracture lombaire par tassement. L’accident est arrivé au Mexique en décembre 2009 sur une cascade nommée « Tomata uno ». La bête fait 23 mètre de haut. Ce jour-là, la rivière portait peu d’eau, demandant un saut technique laissant très peu de marge d’erreur. Vingt-trois mètres plus bas, mon casque était cassé, mon kayak s’était plié dans mon dos (chose que personne n’avait encore vue) et mes vertèbres lombaires L1, L2 et L3 étaient fracturées. Sous l’effet de l’adrénaline, je ne m’en suis pas rendu compte immédiatement. Mais près de 10 secondes plus tard, une douleur effroyable m’a tétanisé. Pour sortir de la gorge, j’ai dû réembarquer dans mon kayak et franchir un seuil de 2 mètres avant d’escalader 20 mètres de falaise. L’enfer ! Je remercie mes amis pour leur aide durant cette épreuve. Selon certains médecins, après cet accident, je ne devais plus reprendre un kayak. L’année suivante sur la même rivière, je remportais la coupe de kayak extrême. Lorsque l’on se frotte à la nature il faut être conscient que l’erreur ne pardonne pas. Elle fait donc partie du eu. J’ai eu de multiples côtes, lombaires, os des mains cassés. La blessure que l’on rencontre le plus souvent étant la luxation de l’épaule. De ce côté-là, tout va bien pour moi.

Comment vous préparez-vous physiquement et techniquement pour une compétition telle que l’AWP world serie (la coupe du monde de kayak extrême) ?

Je me prépare de la même manière qu’un athlète olympique. Deux séances d’entraînement par jours, 6 jours par semaine. Le contenu évoluant en fonction du calendrier des compétitions. La musculation est importante. J’en pratique 3 à 4 fois par semaine. Mais je n’aime pas trop rester enfermé. Je préfère donc aller courir, faire du V.T..T ou du ski de fond lorsque je ne suis pas sur l’eau.

Pouvez-vous vous entraîner toute l’année ?

N’ayant pas les moyens de me déplacer au rythme des saisons à travers le globe pour suivre l’eau, je profite un maximum de la fonte des neiges dans les Pyrénées, notamment à Cauterets. Quand ce n’est pas possible, je m’entraîne à Pau sur les deux sites d’entraînement de canoë-kayak de slalom. Ensuite j’essaie un maximum de profiter des rivières qui sont autour des compétitions pour compléter ma technique dans des mouvements d’eau différents.

Pratiquez-vous d’autres sports hors saison ?

Hors saison, surtout quand ça gèle, pratiquer sur l’eau est un véritable supplice. Votre pagaie se transforme en « sucette de glace », l’anorak étanche est couvert de givre, vos mains se crevassent… Dans ces moments-là, je pars faire du ski de fond ou du V.T.T.

Vous êtes partenaire de la marque Teva®. Que vous apporte cette marque ?

Teva® est une marque créée par des guides de rivière du Colorado. Depuis mes premiers coups de pagaie, elle m’accompagne. J’ai la chance d’avoir son soutien et de pouvoir participer à l’amélioration des chaussures. Une grande majorité de blessures occasionnées en kayak se font non pas sur l’eau mais au bord de l’eau, lors des repérages de rapides. L’importance d’une paire de chaussures solide et adhérente, dans le sec et le mouillé est essentielle dans ma pratique. Teva® m’apporte donc une sécurité et une confiance indispensables.

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :